Le nouveau refuge de l’Etat islamique, selon un chercheur israélien

Alors que le territoire de l’Etat islamique en Irak et en Syrie s’amenuise et que sa propagande s’affaiblit, le groupe djihadiste pourrait trouver un réconfort en Afghanistan, selon une analyse de Gilad Shiloah, chercheur au Centre Moshe Dayan pour les études sur le Moyen-Orient de l’Université de Tel-Aviv.

L’article a été publié dans Jihadiscope,  publication hebdomadaire en ligne du Bureau pour l’analyse du réseau Internet du Moyen-Orient (MENAD) du Centre Moshe Dayan.

EISelon le chercheur, la branche officielle afghane de l’EI, connue sous le nom de « Province Khorasan » (Wilayat Khorasan) de l’Etat islamique ou EI-K, apparaît comme une menace importante pour la stabilité du pays et certains craignent qu’elle ne provoque une violence sectaire.

En un mois, depuis le 20 octobre, l’État islamique a revendiqué cinq attentats-suicides dans la capitale afghane de Kaboul, à travers ses chaînes officielles sur la messagerie Telegram. Lors de la première, un kamikaze de l’EI s’est fait exploser dans la mosquée Imam Zaman Shi’i de la ville, tuant au moins 39 personnes. L’attaque a mis en lumière la vulnérabilité de la minorité chiite face aux militants de l’Etat islamique, qui sont parvenus à tuer plus de 200 membres de la communauté chiite afghane au moyen d’attentats ciblés au cours de l’année écoulée.

Les quatre autres attentats suicides perpétrés par l’EI-K au cours de cette période ont visé une chaîne de télévision locale afghane, un convoi de l’armée afghane, un rassemblement politique et un complexe abritant des ambassades étrangères et des ministères gouvernementaux dans la capitale. L’EI a photographié ses kamikazes avant les attaques et publié les photos sur ses chaines officielles. Il a également  publié des photos de ses combattants attaquant les positions des Talibans dans les provinces du Nangarhar et de Djozdjan.

 Un refuge pour les combattants fuyant l’Irak et la Syrie

L’EI-K poursuit sa lutte à la fois contre les forces dirigées par les États-Unis et contre ses rivaux Talibans. Il fait preuve de résilience malgré de récents revers comme la mort de son leader Abu Sayed en juillet dernier lors d’un bombardement dans la province de Kunar, et à la perte d’importants  noyaux de combattants lorsque les Etats-Unis ont largué la « mère de toutes les bombes » sur les bases de l’EI-K dans la province de Nangarhar en avril dernier.

De plus, contrairement à la situation dans la plupart des « provinces » de l’EI en Irak et en Syrie ces jours-ci, la propagande médiatique de l’EI-K s’est récemment vantée de certains aspects de gouvernance dans la région du Nangarhar, exhibant des photos d’une école destinée aux « lionceaux du Califat » ainsi que de membres de la police religieuse (l’Hisba) brulant des drogues qu’ils ont saisi.

La « province du Khorasan » a été établie en janvier 2015 après que les anciens commandants des Talibans pakistanais aient prêté allégeance au chef de l’Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi et déclaré la guerre à la fois aux Talibans afghans et au gouvernement local de Kaboul. Depuis lors, l’EI-K jouit d’un refuge dans la province de Nangarhar, située à l’est du pays en bordure du Pakistan, et qui reste souvent hors de portée des forces de sécurité afghanes.

L’Afghanistan et en particulier la province de Nangarhar pourraient donc devenir un refuge permettant aux combattants de l’Etat islamique fuyant l’Iraq et la Syrie de se regrouper et se réorganiser. Les attaques terroristes à grande échelle de l’Etat islamique et ses succès militaires en Afghanistan pourraient accentuer encore cette évolution.

SOURCE:  le site des amis français de l’Université de Tel-Aviv

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