Le député israélien qui ne parvient pas à condamner Assad

Ayman Odeh, avocat de profession, dirige le groupe parlementaire arabe à la Knesset. Leader de la Liste Arabe unifiée, il s’est fait connaitre depuis 2015 du grand public israélien par sa capacité permanente à s’indigner.

Indignation perpétuelle. Le député Odeh fait régulièrement la une des médias. Grand défenseur de la « cause » palestinienne, il donne de la voix dans l’enceinte du parlement israélien. Ses combats se ressemblent. Pour lui, la cause est entendue, Israël est une puissance occupante. Les Palestiniens sont dans leur bon droit et leur lutte (armée ?) est légitime.

Odeh s’indigne contre Tsahal, contre la droite israélienne, contre les localités juives en Judée Samarie, contre l’arrestation des fauteurs de troubles, contre la destruction de maisons illégalement construite par les arabes, contre… la liste est longue et connue de tous.

Pourtant élu par les électeurs arabes israéliens, ces derniers ne font apparemment pas partie de ses priorités. Le conflit israélo-palestinien oui !

Condamnez-vous les attaques chimiques d’Assad, monsieur le député?

Alors, lorsqu’un journaliste de Galei Tsahal lui demande son avis sur les récents développements dramatiques en Syrie, Ayman Odeh louvoie. « Condamnez-vous les attaques chimiques à Douma perpétrés par les soldats de Bashar el Assad ? », lui demande-t-on. La réponse n’est pas celle que l’on attendait.

« De nombreux crimes de guerres ont été perpétrés en Syrie et il faut les condamner. Vous voulez que je prononce le nom d’Assad et bien moi je veux une Syrie unie et démocratique », louvoie Odeh. Pas un mot sur les 60 morts et 1 000 blessés de l’attaque. Pas non plus de condamnation du président à vie à Damas.

Le champion de l’indignation n’est plus ce qu’il était lorsqu’il s’agit d’être clair sur le pire massacre qui se joue au Proche-Orient. Pire, le député arabe laisse entendre plus loin dans la même interview, qu’il se pourrait bien que Daech où les pays du Golfe soient à l’origine de ce nouveau massacre, afin de discréditer le régime d’Assad.

Le même homme qui pousse des cris d’orfraie lorsqu’un lanceur de pierres palestinien est arrêté par Tsahal se tait, quand un dictateur voisin gaze sa population. Indignation à géométrie variable…

Barak Ravid, autre journaliste cette fois de la 10e chaine de la télévision israélienne, commente ainsi la situation sur son compte Twitter : « triste et révoltant ».

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Une pensée sur “Le député israélien qui ne parvient pas à condamner Assad

  • 11 avril 2018 à 9:03
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    il faut dire arabe israelien,israel doit tous les foutres a la porte

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