Conversions au Nicaragua : la population juive double en quelques jours

En quelques jours, la minuscule communauté juive du Nicaragua a vu sa population doubler alors que 114 personnes sont venues la rejoindre après leurs conversions au Judaïsme. Accompagnées dans leur démarche par l’organisation Kulanu. Une association basée à New York qui soutient les communautés juives du monde entier.

C’était le 20 juillet dernier, un tribunal constitué de trois rabbins, à tendance orthodoxe, originaires d’Israël et des États-Unis, a autorisé la conversion de 114 personnes, qui se sont ainsi immergées dans le nouveau mikveh de Managua, capitale du Nicaragua. Trois jours plus tard, la communauté a pu célébrer, selon la tradition juive, le mariage de 22 couples.

« Leurs visages exprimaient de l’inquiétude et de l’anxiété. A leurs yeux c’était très important. Et à leur sortie du mikveh, la lueur sur leurs visages était incroyable. C’est touchant, cela provoque une émotion phénoménale », a déclaré le rav du Beit Din, Mark Kunis, ordonné à la Yéshiva du Rav Isaac Elhanan et actif à la synagogue Shaarei Shamayim à Atlanta.

Certains pratiquaient le judaïsme depuis toujours

La quasi-moitié des candidats a revendiqué une ascendance juive, la plupart ayant étudié le Judaïsme pendant au moins cinq ans. Certains le pratiquant depuis toujours. Seule une famille n’ayant pu être acceptée à la conversion. « Je me sens à la maison. C’était pour moi un rêve », a déclaré Centeno, 21 ans, qui s’est converti avec ses parents et sa sœur. Son ascendance juive remonte au temps de l’Inquisition. Les Juifs séfarades étaient alors contraints de se convertir au Christianisme.

Au Nicaragua, les conversions ont permis d’élargir les rangs de la communauté juive, qui comptait environ 50 personnes en 2012. Une communauté principalement composée de retraités américains selon la Congrégation israélite nicaraguayenne. Cette année-là, par exemple, Kulanu a contribué à faciliter la conversion de 14 personnes. Leurs origines juives émanait essentiellement d’hommes juifs mariés à des femmes non juives.

Avant de se rapprocher du Judaïsme, ces candidats se revendiquent souvent du christianisme ou du Messianisme, explique Bonita Sussman, vice-présidente de Kulanu. « Bien que dans les pays occidentaux, il y ait de l’intérêt pour le Judaïsme, la religion n’attire plus, contrairement au continent africain, sud-américain et indien. En tant que Juifs, nous nous devons de participer à ce nouveau et passionnant développement.

C’est une nouvelle étape de l’histoire juive. Au cours des 100 dernières années, nous avons vécu la Shoah, la disparition de toutes les communautés juives en terres arabes en même temps que la reconstruction de la Patrie juive. Nous entrons maintenant dans une ère de reconstruction du Peuple. »

Katja Epelbaum

Katja Epelbaum

Diplômée de la Sorbonne en Science politique et en Histoire, j’ai toujours su que je m’épanouirais professionnellement dans l’écriture. Depuis l’Alya, Katja collabore avec le journal Hamodia et Le Mag, et poursuit différents projets d’écriture.

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