Quand le Hamas critique… le Hamas

Ahmed Yusuf, haut responsable du Hamas résidant dans l’Autorité Palestinienne, a écrit un rare article critiquant le comportement de l’administration du Hamas. il propose dans la foulée,  des moyens de l’améliorer (Dunia al-Watan, 28 juillet 2019).

Yusuf a écrit que depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza [2006], il n’a pas réussi à nouer des liens avec des pays de la région. Il n’a pas obtenu de succès politique en ce qui concerne la levée du “siège” sur la bande de Gaza. Yusuf a également écrit que le “complot” d’Israël et de l’Occident visant à faire échouer le Hamas ne justifiait pas son incapacité à formuler un modèle efficace de gouvernement.

Selon Ahmed Yusuf, le public de la bande de Gaza a salué la montée du pouvoir du Hamas. Celà, dans un permier temps. Ensuite, les gazaouis s’attendaient à une nouvelle ère meilleure. Cependant, après plus d’une décennie, le règne du Hamas était une déception et était devenu “un fardeau et un désastre”. Il a déclaré que cet échec était le résultat de mauvais choix, d’un manque de professionnalisme et de la nomination de personnes non formées à des tâches inappropriées.

Comment le Hamas peut améliorer la situation

Yusuf a suggéré un certain nombre de façons d’améliorer la situation :

Eviter l’utilisation d’un langage “extrémiste”, “belligérant”, qui présente le Hamas et la bande de Gaza comme “une puissance”, alors même qu’il dispose de très peu de capacités.

Promouvoir un agenda politique approprié pour le Hamas. Le document politique du Hamas [publié le 1er mai 2017] constitue une bonne base pour un parti politique.

Faire de la réconciliation palestinienne interne la première des priorités et préparer le terrain pour sa mise en œuvre.

Adopter des méthodes démocratiques et initier des élections sans lien avec la réconciliation avec l’AP.

Un journaliste proche de l’Autorité palestinienne a réagit à ces critiques inhabituelles. Selon lui, si Ahmed Yusuf résidait à l’intérieur de la bande de Gaza, il n’aurait jamais pu émettre le moindre mot à l’encontre du régime en place. Il ne doit sa liberté de parole qu’au seul fait de sa présence au sein des territoires gérés par l’Autorité palestinienne.

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