L’enfant des camps nazis qui doit sa résurrection à la danse

Danser l’horreur ou sublimer les camps nazis par une chorégraphie destructurée… Danser, danser encore, danser toujours et faire danser autour d’elle : Telle fut pour Yehudit Arnona l’objectif, l’idéal de sa vie, le seul moyen d’atteindre à la résilience.

Née à Kumarno, en Tchécoslovaquie, Yehudit encore enfant connait comme tant d’autres malheureux le passage obligé des camps nazis. Déportée à Auschwitz dont elle n’aurait jamais dû sortir vivante, le destin en décide autrement et après un court séjour à Budapest, lui ouvre les portes d’un « projet » de kibboutz de l’Hashomer Hatsa’ir !

Arrivée en Israël avec le premier groupe de pionniers venus de Hongrie, comme nombre d’immigrants de cette époque, notre jeune femme retrousse aussitôt ses manches car alors tout est à faire, tout est à construire.

C’est ainsi qu’elle participe de l’élaboration du kibboutz Ga’aton en Galilée occidentale et y rencontre l’amour de sa vie, Yédidia, dès 1948. Mais passer son temps à travailler dans le concret ne lui suffit pas.  On connaissait la peinture moderne, la musique moderne… La danse moderne lui doit la vie ! Et de revendiquer la satisfaction d’avoir construit une salle de danse avant la salle à manger !

Une salle devenue temple de la danse connue du monde entier depuis 1970, date de la création de cette compagnie sous le nom de KCDC, (« Kibbutz  Contemporary Danse Company ») !

Ainsi malgré des ressources oh combien limitées, la foi, l’amour et la détermination de Yehudit ont contribué à la bonne réputation de ce centre florissant et fait qu’aujourd’hui encore et plus que jamais ce Kibboutz reçoive et forme des danseurs venus de partout, KCDC lançant en permanence des projets spéciaux visant à promouvoir le mouvement et la danse auprès de la communauté internationale et des jeunes juifs du monde entier.

Une détermination mais mieux encore une créativité qui lui valut de remporter des prix plus prestigieux les uns que les autres.

Le génie appelant le génie…

Dans ce florilège de talents il en est un, Rami Be’er qui loin devant tous les autres reste son préféré : Un de ses anciens petits protégés qui arriva auprès d’elle à l’âge de 3 ans pour apprendre la rythmique et resta pendant des années à ses côtés. Un enfant qui sut profiter de ses conseils pour devenir cet artiste créatif bien connu qui participa du rêve de Yehudit devenu réalité dans l’un des plus beaux paysages d’Israël, un chorégraphe qui aujourd’hui sait insuffler une atmosphère de créativité et de mouvements perpétuels, une source d’inspiration pour tous les autres !

A visionner pour s’en convaincre la vidéo ci-après :

Entre temps, en août 2013, à l’âge de 87 ans, Yehudit décède entourée de sa famille proche, son mari Yedidia, ses trois filles et ses huit petits-enfants. Elle est inhumée au kibboutz Ga’aton.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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