Finkielkraut sur France-Culture. Israël: un débat sans contradicteur

Israël-Palestine : Un débat c’est bien. Avec des avis divergents, c’est mieux.

 

Dans son émission « Répliques » du 30 septembre dernier sur France-Culture, Alain Finkielkraut a choisi d’évoquer les 50 ans qui ont suivi la Guerre des 6 jours et d’inviter Jean-Paul Chagnollaud, Président de l’Iremmo et David Chemla, secrétaire général de JCall.

Si le choix du thème ne souffre aucun commentaire, celui des invités en revanche laisse perplexe. Non pas tant en raison de leurs positions sur le sujet que chacun est libre de ne pas partager. Mais parce que dans une émission censée faire se confronter les points de vue, inviter deux intervenants qui s’accordent à peu près sur tout réduit l’intérêt de l’exercice. Et c’est regrettable. Car les mots ont un sens et les notions ont leur importance. Partir du postulat qu’Israël « occupe la Cisjordanie » et asséner tout au long de l’émission, par invité interposé, qu’elle y développe une politique impérialiste dont il ressort une frustration à l’origine de tous les maux des palestiniens ne revient pas à faire un constat objectif de la situation mais bien à nier l’Histoire et la réalité géopolitique et juridique.

Quel est ce monde étrange ?

Quel est ce monde étrange où l’on nomme « Cisjordanie » ou « Territoires Palestiniens », des terres sur lesquelles se trouvent les vestiges de l’histoire plurimillénaire du peuple Juif, celle que l’UNESCO tente d’effacer par le vote obsessionnel de résolutions grossièrement mensongères. Des terres que la résolution 181 de l’ONU, partageant la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe, prenait soin de dénommer « Judée-Samarie ». Le néologisme « Cisjordanie » ne sera inventé qu’après que la Transjordanie ait occupé puis annexé la Judée-Samarie en 1950. Or, ce terme ne recoupe aucune réalité historique, juridique, ni même culturelle palestinienne. La Judée-Samarie, en revanche, désigne non seulement une réalité géographique mais également historique du peuple Juif. L’utilisation du terme « Cisjordanie » n’est pas neutre ni anecdotique et permet, par la force de l’usage, de déjudaïser une partie du pays.

Quel est ce monde étrange dans lequel Israël est le seul pays, victorieux des guerres défensives qu’on lui a imposées, à qui l’on demande de restituer les territoires conquis (Sinaï, Gaza, Golan…). Une restitution que d’aucuns voudraient totale alors que la résolution 242 de 1967 ne prévoyait pas qu’Israël rende « tous les territoires » conquis mais « certains territoires ». Des territoires (la Judée-Samarie donc) qui, en 1967, étaient sous domination jordanienne. Une restitution qui ne donnerait en tout état de cause aucune légitimité historique ni légale aux palestiniens puisqu’en 1988, la Jordanie renonçait officiellement à sa souveraineté sur ces territoires, ceux-là mêmes dont le Haut Comité palestinien avait refusé, en 1947, d’en faire son Etat en rejetant la résolution 181.

Vous avez dit colonies ?

Quel est ce monde étrange où les implantations d’habitations deviennent des colonies dans leur acception impérialiste, fruits d’une politique coloniale dont les motivations principales seraient alors la mission « civilisatrice » et la captation des débouchés économiques. Alors que les usines construites par les israéliens en Judée-Samarie emploient majoritairement des palestiniens à qui personne ne pense à demander s’ils n’y sont pas mieux traités qu’à Ramallah ou à Gaza, ce qui serait pourtant instructif. Alors aussi que depuis les Accords d’Oslo 2, la Judée-Samarie est découpée en trois zones et la totalité des implantations israéliennes sont situées dans les zones sous administration israélienne, que ces Accords prévoyaient que cette répartition de la Judée-Samarie durerait jusqu’à un accord final entre les parties, ce qui n’est toujours pas le cas.

Une Palestine officiellement « Judenrein »

A l’évocation, par Alain Finkielkraut, du danger existentiel qui pèse sur Israël face au Hezbollah et au Hamas et du risque qu’un Etat Palestinien n’en fasse peser un troisième de même nature

Chagnollaud lui répondra de ne pas mettre sur un même plan les « colonies » et la présence militaire. Israël pourrait en effet, selon lui, maintenir une présence militaire suffisante le temps que la paix soit assurée et dans l’intervalle faire évacuer toutes les implantations. Une Palestine officiellement « Judenrein » en quelque sorte. Et cela n’émeut personne. On n’ose imaginer les réactions scandalisées des mêmes et des autres si Israël venait à évoquer la possibilité d’une mesure réciproque visant les musulmans … car c’est bien la « présence juive » et non israélienne que Mahmoud Abbas annonçait vouloir interdire dans un futur Etat palestinien lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue Arabe il y a à peine un an.

Et les invités d’insister sur la détresse des palestiniens, radicalisés en raison de la politique évidemment intransigeante d’Israël et de l’instrumentalisation par Netanyahou de cette situation à des fins politiciennes. Le débat n’en n’était pas un.

Les sujets oubliés…

D’autres invités auraient pu évoquer davantage les attentats terroristes des palestiniens toutes tendances confondues, le double langage de l’Autorité Palestinienne, l’éducation des enfants palestiniens dans la haine des Juifs, les refus palestiniens des plans de partage ou de paix de 1937 (commission Peel), 1947 (Résolution 181), 1978 (Camp David), 2000 (Ehud Barak), 2008 (Ehud Olmert), la volonté affichée du Hamas de détruire Israël, les résolutions dangereusement grotesques de l’Unesco, la corruption endémique des dirigeants palestiniens qui maintiennent leur peuple dans la misère, la torture des homosexuels, des apostats et des prisonniers politiques…

A quand une émission avec Mosab Hassan Youssef, fils d’un des fondateurs du Hamas et ex-membre du Hamas lui-même, ou Waleed Al-Husseini, blogueur palestinien torturé par l’AP.

A quand une émission pour libérer la parole de ceux que personne ne veut entendre ?

Bientôt on espère.

Oudy Bloch

Oudy Bloch

Avocat aux Barreaux de Paris et New-York en droit pénal, propriété intellectuelle et droit des contrats, diplômé de UCLA (Los Angeles) Membre de plusieurs associations humanitaires

7 pensées sur “Finkielkraut sur France-Culture. Israël: un débat sans contradicteur

  • 10 octobre 2017 à 9:19
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    Quel est ce monde étrange où un article qui se veut pro-israélien n’a de cesse que de parler de « palestiniens »? Pourquoi utilisez-vous ce terme qui répand ce mythe alors qu’AUCUN des voyageurs visitant la région depuis le Moyen Age, comme Benjamin de Tudèle, Moshé ben Nahman, Lamartine et tant d’autres n’ont JAMAIS parlé de ce « peuple »? Comment se fait-il que le moufti de Jerusalem Al Housseini, allié de Hitler dans sa funeste entreprise génocidaire anti juive n’ait JAMAIS mentionné ce disant « peuple » alors que vous le faites à sa place? Malheureusement la loi de propagande de Goebbels se confirme encore une fois, répétez un mensonge mille fois….et la suite vous la connaissez très bien.

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    • 10 octobre 2017 à 11:55
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      Il est vrai qu’il serait plus juste de ne pas utiliser le vocabulaire qu’on nous impose depuis quelques décennies.

      Des « Palestiniens » qui ne sont que des arabes alors que l’empereur Hadrien parlaient des « juifs » et seulement des juifs est déjà une erreur qu’il faudrait à chaque fois reprendre partout.

      De plus, IL N’Y A PAS DEBAT et Finkielkraut a manqué une chance de donner des visions différentes comme il fait d’habitude dans son émission « répliques ». En même temps, il ne faut pas oublier que le type est signataire de « JCall » ce qui fait de lui un modérateur partial.

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  • 10 octobre 2017 à 9:53
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    Il n y a aucun probleme , car la palestine est Juive , son nom officialise est Israel ( etat Juif ) Cela ne plait pas ? Tant pis pour tous les antisemites de la planete ! Je suis Juif Israelien , j ai quitte un pays qui conteste l histoire de mon peuple , et qui reecrit non seulement l histoire d Israel , mais qui reecrit sa propre histoire , ce pays la , autrefois la france , va disparaitre , submerge par ses invites .C est la loi du nombre !

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  • 10 octobre 2017 à 1:46
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    vous vous contredisez vous meme en parlant d’un haut comite palestinien qui n;a jamais existe !!!

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  • 10 octobre 2017 à 2:57
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    Pouvait-on s’attendre à autre chose de la part de Fink signataire de Jcall qui de surcroit soutenait l’initiative du secrétaire d’Etat John Kerry et également la Conférence internationale de la paix de Paris de l’an dernier. Fink est faussement réputé soutien d’Israel.

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  • 10 octobre 2017 à 3:41
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    Bravo de rétablir des vérités souvent ignorées..

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  • 11 octobre 2017 à 2:09
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    n’en déplaise, à l’auteur de ce ridicule article : il y a bien, en Cisjordanie, une Occupation qui dure depuis maintenant plus de cinquante ans, et dont la seule existence est un scandale de chaque instant

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