Ma modeste contribution de chef d’entreprise israélien au grand débat français

Il y a une dizaine de jours j’ai décidé d’apporter ma contribution très personnelle au grand débat français. J’ai choisi en effet d’apporter quelques idées simples, de nature à faire progresser certaines réflexions, me considérant pleinement français comme israélien ou tunisien. Par José Boublil

Il me semble urgent de remettre de l’ordre dans la situation chaotique actuelle de la France. Je précise que certaines mesures proposées n’ont pas pour objet de punir mais de redresser l’économie. Redressement qui pourra dégager des subsides à redistribuer. Voici ma contribution…

 L’absentéisme français

Selon les derniers chiffres, il y a environ 17.2 jours d’absence par an en France. Les pays d’Europe les plus raisonnables, le Portugal, l’Espagne ou la Suisse, se limitent à 4 ou 5 jours par an. Pourtant, il n’y a pas plus de grippe, d’angines, ou autres virus dans notre pays. Peut-être plus d’états d’âme.

Si nous pouvions revenir à 4 jours, nous économiserions, sur la base de 30 millions d’actifs, près de 36 Milliards d’euros par an.

Pour obtenir des résultats sur  un délai de 3 ou 4 ans, il faudrait une politique très dure à l’égard des certificats médicaux de complaisance. Un an de radiation à la première faute indiscutable. Définitive à la seconde.

Ce résultat attendu permettrait de restituer une grosse partie aux gens dont les ressources sont réellement trop insuffisantes.

Revenus au noir

Dans toutes les économies, y compris la France, il y a des recettes cachées très importantes, aboutissant à diverses recettes non encaissées par l’Etat. Selon divers recoupements on parle d’une enveloppe de près de 50 Milliards. D’un côté ce système permet une sorte de « respiration » des gens qui ont besoin de compléter leurs trop faibles revenus, de l’autre, on ne peut pas continuer à se plaindre partout et utiliser les failles d’un système puis enfoncer le clou. Dans notre situation, il est utile de se tourner vers un pays comme Singapour: rigueur morale ou sanctions très dures.

Ainsi, des contrôles inopinés très nombreux doivent être réalisés dans les secteurs les plus exposés (restauration, construction, fabrication de vêtements, nettoyage, nettoyage industriel….). Les sanctions doivent être exemplaires et rapidement donner lieu à de la prison ferme. On pourrait récupérer une partie non négligeable des 50 Milliards (peut-être 10 ou 15) en 5 ans.

Impasses sur les impôts

Plusieurs catégories de sociétés gèrent de façon optimale leurs impôts. La première catégorie est celle des entreprises du CAC 40, qui réussit à optimiser ses bases taxables, assez souvent, sur des zones géographiques à taux faibles. On aura tendance à pondérer les revenus sur une zone comme l’Irlande et moins sur la France.

Au total, ces tours de passe-passe coûtent une fortune à l’Etat. En revanche, il faut reconnaître que des mesures trop dures pourraient éloigner les meilleurs chefs d’entreprise vers d’autres horizons. Ce sujet mérite une réflexion globale de nature à faire admettre à certains patrons la vertu du patriotisme économique, et même d’une certaine solidarité sociale  (avec des avantages à aider les pauvres gens tout particuliers).

GAFA

L’autre sujet lourd est celui des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). L’Etat a fait tout récemment une première avancée, ridiculement faible pour taxer ces boites qui payent environ zéro en Europe.

Là, il me semble que, selon les acteurs, il peut y avoir un bras de fer très dur regroupant les pays les plus forts (Angleterre, Allemagne, France) pour saisir des avoirs, bloquer l’utilisation de certains sites, diligenter des actions en réclamation de plusieurs millions de milliards devant la SEC. Bref couper les jambes des plus gros. Google resterait un problème difficilement gérable.

Les bases de l’appauvrissement

Lorsque les gens sont interrogés, on se rend compte d’un niveau culturel moyen désastreux. La classe moyenne et surtout pauvre a des tas de revendications, certaines légitimes, mais sans aucun discours construit, étayé.

C’est la faillite de l’école. Donc évidemment la faillite de l’Etat. Car comment a-t-on laissé filé de telles valeurs ? Comment a-t-on autorisé la jeunesse à se limiter à des études les plus sommaires ? Jamais auparavant, on avait écarté autant de gens simples de parcours élitistes. C’était la revanche -même à petite échelle- du peuple.

Depuis 8 ans environ, le niveau du baccalauréat est ridiculement bas. Et ce diplôme ne permet même plus d’écrire correctement, de raisonner, de lire des livres de jeunes de 18 ans. Ainsi, qu’attendre de cette génération, ou de ceux qui ont 10 ans de plus, au plan d’une réussite sociale ?

Un écrémage dérisoire

Le pire c’est que la France reste une nation d’élite, centrée sur ses universités et ses grandes écoles de prestige. Mais le nombre d’élus de ces castes est un suicide collectif. Lorsque le MIT reçoit plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, l’addition de polytechnique, l’ENS, Centrale, ou Telecom en ont environ 500….Comment structurer la politique de high-tech de demain? Quel nombre de boites vont émerger de cet écrémage dérisoire ? Il est urgent de revoir les ambitions d’une formation de haut niveau mais à gros volumes.

Les cités

L’autre problème de l’école, qui tire tout vers le bas, est celle des cités. Deux points sont responsables des défaillances:

L’incapacité de soutenir certaines familles venues d’Afrique à éduquer leurs enfants dans la langue française; créant ainsi des frustrations terribles, de la violence.

L’axiome effrayant qui consiste à considérer que ces populations n’ont qu’une alternative: respecter le système ou de venir des voyous.  A aucun moment, on tolère que les conditions d’intégration doivent être facilitées, qu’il y a de l’espoir quoi qu’il arrive.

Je n’imagine pas que la situation serait celle-ci si les petits chefs d’aujourd’hui avaient vu des professeurs compatissants, parlant avec les parents avec humanité de leurs enfants.

Ce dossier doit être repris de A à Z.

José Boublil

José Boublil

José Boublil

Chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, ancien associé du cabinet Deloitte, sioniste convaincu.

Une pensée sur “Ma modeste contribution de chef d’entreprise israélien au grand débat français

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    3 avril 2019 à 11 h 08 min
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    Assez d’accord, notamment sur les défaillances du système scolaire.

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