Les vrais chiffres de l’Alya de France et les raisons du phénomène

Selon les chiffres du Conseil européen des Droits de l’homme, l’antisémitisme français est le second en Europe après la Grèce. Il est la raison de l’Alya des Juifs de France, mais pas l’unique raison.

12.000 dossiers d’Alya déposés
12.000 dossiers d’Alya déposés

 

Les chiffres

Revenons toutefois aux chiffres qui sont dans ce cas très explicites. D’après l’Agence juive, au 30 avril 2014, 1.507 Juifs sont montés en Israël, ce qui représente une augmentation de 312 % par rapport à 2013. Cette même institution affirme que 12.000 dossiers d’Alya ont été déposés dans ses services (Paris, Lyon et Marseille) : environ 1.000 par mois depuis un an. Pour Sofa Lanvder, la ministre israélienne de l’Intégration, le chiffre de 15.000 Juifs en trois ans sera largement dépassé si le mouvement s’affirme. : « Beaucoup de Juifs français espèrent un tout autre avenir, pour leurs enfants et pour eux-mêmes. Ils tentent de bâtir un futur qui ait du sens. Les chiffres désastreux de l’économie de plusieurs pays (y compris ceux de la France) démontrent que l’Union Européenne ne représente plus l’espoir d’édification d’une société dynamique. De plus, le concept de société multiculturelle ne séduit plus les Juifs, surtout ceux qui ne sont pas impliqués dans les soubresauts de la politique française et de ses désirs de métissage : les Juifs ont pris leurs distances. »

Cyrille Louis, journaliste au Figaro, a mené une enquête auprès de la communauté juive et n’hésite pas à faire parler un Juif religieux dans un de ses articles : « Disons que l’Europe m’a fait perdre l’idée d’une intégration en son sein où le concept identitaire a été dissout par des considérations politiques volontairement ‘‘favorisantes’’.» A la question de savoir si les Juifs s’implantent vraiment, c’est Nathan Charansky, Président de l’Agence juive qui apporte cette réponse : « Aujourd’hui, grâce à une politique israélienne plus volontariste, 90 % des Juifs qui font leur Alya s’intègrent en Israël ! »

Quel est donc ce deuxième facteur ?

Ce qui déroute actuellement les Juifs de France est l’instabilité des institutions juives : « Le Consistoire et le CRIF ne représentent pas réellement les préoccupations des membres de la communauté et sont traversés par les mêmes querelles et ambitions que les autorités françaises qui ne sont plus depuis longtemps un exemple pour nous », avoue un avocat juif qui se prépare à quitter la France pour Israël. Ce facteur éminemment essentiel a détaché de ses racines une communauté qui se sent seule, abandonnée. Il ajoute : « Les récents scandales sur les divorces, il est vrai pas encore avérés, créent un sentiment de malaise et rend attractives les perspectives d’avenir dans un pays jeune, actif, florissant et qui offre le suprême avantage d’être le nôtre. » Plusieurs sites sur la toile parlent d’une double crise morale et religieuse des leaders du Consistoire. L’élection d’un nouveau Grand Rabbin de France pourrait changer le sentiment d’isolement que ressentent les Juifs de la communauté mais l’annonce d’une telle éventualité tarde à venir. Les Juifs français qui se sentent quelque peu orphelins ont depuis quelques mois le regard fixé non plus sur la ligne des Vosges, mais sur le soleil éclatant de lumière d’Israël.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *