La Russie explique pourquoi elle n’a pas condamné le Hamas à l’ONU

 

Le projet de résolution condamnant le Hamas et soutenu par les Etats-Unis a certes, obtenu une majorité honorable lors du vote la semaine dernière à l’ONU. Mais il n’a pas recueilli la majorité des deux-tiers nécessaire pour être définitivement adoptée. 87 pays se sont prononcés en sa faveur et 57 s’y sont opposés. Onze pays se sont abstenus et 23 autres étaient absents.

Alors que la Russie se bat au quotidien contre des organisations terroristes, y compris islamistes, elle n’a pas soutenu le texte. Elle s’y est même opposée. Pourtant, Vladimir Poutine n’y va pas de main morte contre « ses terroristes ». Que ce soit en Tchétchénie où ailleurs.

C’est à lui que l’on doit cette phrase désormais célèbre après l’attentat terroriste djihadiste, qui avait touché un avion de ligne russe au dessus de l’Egypte en 2015. Bilan, 224 personnes disparues : « Pardonner aux terroristes, c’est le rôle de Dieu. Les envoyer auprès de Lui, c’est mon affaire». La même année, Vladimir Poutine avait ordonné de «liquider sur place» les auteurs d’attentat mettant en danger les forces de l’ordre après un «acte terroriste» à Saint-Pétersbourg.

La finesse du raisonnement russe…

Et pourtant, lorsqu’il s’agit de « seulement » condamner les terroristes du Hamas, Moscou joue la frilosité. 400 roquettes touchant les populations civiles, les milliers de cerfs-volants enflammés, les  tunnels, les attentats, les tentatives d’infiltrations et d’enlèvements n’y auront pas suffi. Pour le Kremlin, le Hamas n’est pas à condamner.

Jouant les équilibristes, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que son pays s’opposait à la proposition américaine de condamner le Hamas à l’ONU. La Russie estime que cette proposition ne ferait qu’aggraver la situation à Gaza. Pire selon Moscou, elle renforcerait la menace sécuritaire en Israël même.

Il va sans dire que la finesse du raisonnement russe, souvent, nous échappe…

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Une pensée sur “La Russie explique pourquoi elle n’a pas condamné le Hamas à l’ONU

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    11 décembre 2018 à 14 h 48 min
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    bien que non politologue, je pense pouvoir avancer quelques explications possibles au raisonnement russe
    1. c’est une proposition US et le Russie est en froid avec les USA
    2. la Russie est alliée à la Syrie, alliée au Hezb, allié au hamas
    3. la résolution n’allait quand même pas passer donc autant se montrer pro-arabe
    4. le délégué russe avait vidé une bouteille de vodka de trop et s’est trompé

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