Jérusalem: Visite du mémorial qui précéda Yad Vashem

Installé à Jérusalem bien avant « Yad VaChem… Il est un autre site qui mérite le détour…

Avant Yad Vashem… Lové dans une espèce de grotte qui jouxte la porte de Sion, il n’est pas le musée le plus « beau », (que ce mot sonne vilainement dans un pareil contexte), il n’est pas le musée le plus « riche en matière de souvenirs », (cette locution ne vaut guère mieux !), mais il a le mérite inégalé d’avoir été le premier lieu consacré à la mémoire du massacre des juifs pendant la guerre 40/45.

… Avant même la création de l’Etat d’Israël !

Et s’il n’a aucune des dimensions tant symboliques que culturelles d’un Yad Vachem, s’il ne peut prétendre rivaliser quant au « passage obligé » de tous les personnages importants foulant pour la première fois la terre d’Israël, « l’Holocaust Chamber Museum » possède l’authenticité des premiers vœux de rescapés qui cherchaient désespérément une place où dire le Kaddish aux noms de membres de leur famille ou d’amis partis en fumée. (Une sépulture symbolique pour tous les juifs assassinés dans les camps nazis.)

Les survivants

Ainsi, au cours de l’année 1949, c’est un petit groupe de survivants qui partit en Pologne pour récupérer des cendres enfouies au fin fond des crématoriums de Mauthausen, un camp dit de « travail ».

En l’occurrence l’exploitation d’une mine de granit qui tuait les déportés à la tâche en les obligeant à monter sans les nourrir, des blocs de pierres plus lourds qu’eux de bas en haut des 187 marches que comptait la carrière, (Auschwitz étant le seul à se vanter d’être un camp d’extermination « pure et simple ») !

De retour dans ce qui n’était encore qu’un ersatz de lieu de mémoire, ils avaient déposé les restes des juifs assassinés dans une urne au centre d’une des chambres de la maison après en avoir « décoré » les murs de plaques aux noms de tous les camps de concentration et avant que de réunir dans des vitrines tout ce qu’ils avaient pu y retrouver, des témoignages d’inimaginables horreurs mais aussi d’une foi absolue, à se demander quel est le plus impressionnant !

Ainsi de reconstituer ce qu’on appelle une « Guenitza », c’est à dire une espèce d’entrepôt dans lequel étaient réunis des ouvrages traitant de sujets religieux rédigés en hébreu.

Seul antagonisme, mais de taille, l’apport en pareil lieu de savons faits avec des restes humains, des objets usuels découpés dans des rouleaux de Torah afin de la désacraliser ainsi que des Téfilines miniatures ou des textes de prières déchirés déchirants…

Une chemise en Sefer Thora

Une de ces monstruosités nous est commentée par Aharon Seiden, lui-même fils de déporté :

Vous voyez la chemise exposée dans cette vitrine, là, devant vous, et bien elle est faite de morceaux découpés dans des « Sefer Torah » selon les ordres des nazis pour déshumaniser un peu plus leurs proies, les obligeant à renier leur foi.

Oui mais voilà… S’il est exact qu’un officier nazi demanda à un tailleur juif de lui fabriquer une chemise à partir de parcelles découpées dans des rouleaux de Torah, conscient qu’il n’avait « pas même en rêve » les moyens de refuser, notre malheureux prisonnier fabriqua alors ledit vêtement de morceaux sur lesquels n’apparaissaient que des malédictions, ce qui ne fut guère difficile quand on sait oh combien elles y sont nombreuses !

A noter: l’Holocaust Chamber Museum se visite Ma’ale Shazkh Street du dimanche au jeudi de 10h à 15h30.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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