Etes vous plutôt Jérusalem ou Paris : un choix d’amour

 

J’aime bien jouer à ce jeu qui consiste à comparer ma ville, Jérusalem, ou mes villes avec Paris et les belles cités françaises.

Au début, je me disais que j’exagérais vraiment en mettant au même niveau Paris et Jérusalem. J’avais une sorte de complexe mal placé, un regard admiratif de l’architecture des grands bâtisseurs, de la sueur qu’il a fallu pour édifier Notre- Dame, le Louvre ou la conciergerie. J’aurai rêvé de les limiter à des œuvres conventionnelles, gnan gnan. Mais je ne peux pas. D’abord parce que j’aime la France, peu importe les couacs désagréables. Mais surtout parce que tout ce que l’homme a fait dans cette ville est génial. Un point c’est tout.

Et alors, pourquoi dois-je ramener Jérusalem dans cette compétition perdue d’avance? Eh bien, la première raison, la plus agréable sans doute, c’est que, chaque fois que je parle à des touristes français cultivés et non juifs ils me disent, de façon unanime, que Jérusalem est une ville merveilleuse. Sans que j’attende réellement des confirmations extérieures à mon amour pour ma ville, reconnaissez que c’est très agréable.

Mais un jour je me suis vu face aux collines, aux arbres tremblant sous le vent, au coucher. J’ai vu le rouge à 360 degrés et les villages arabes qui se chevauchent, les minarets de vert vêtus et le muezzin chantant des airs de mon enfance. J’ai réalisé que, contrairement à ces splendeurs de l’Europe occidentale, forgées par l’homme, chez moi la ville est forgée surtout par Dieu. Le vent des collines, les buissons et les dattiers aux fruits jaunes et durs, les restes de grenades accrochés aux branches.

Même le thé à la menthe est divin, et colle à cette délicatesse des odeurs.

Lorsqu’on se trouve envoûté par ce cadeau du créateur, on comprend que c’est ici et pas ailleurs que les croyants se retrouvent. On entendrait facilement  la voix du Sinaï, l’écho des secousses. A quelle heure notre cité royale est-elle supérieure aux autres? Le soir, pour prendre son narguilé. Le matin, pour prendre des forces. L’après-midi, pour somnoler dans le silence.

J’aime tant ces villes, mais la mienne est indomptable car descendue du ciel. C’est elle qui parle à mon histoire.

José Boublil

José Boublil

Chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, ancien associé du cabinet Deloitte, sioniste convaincu.

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