BDS ? Moi aussi je fus un boycotteur…

A travers l’histoire des trois derniers siècles, les hommes ont parfois décidé de boycotter des produits comme moyen de pression à l’encontre d’un groupe ou d’une nation. Cette initiative avait pour but une recherche éthique, par un groupe de lobbyistes, afin de faire ressentir une sanction économique forte. Par José Boublil

A titre personnel, j’ai participé à cela à ma minuscule échelle. La première fois où j’ai ressenti la beauté du geste fut lorsque mon père m’expliqua que chez nous, dans notre famille, personne n’achèterait de voitures allemandes, ni de produit allemand de grande valeur, comme signe de rejet d’une civilisation dont tout était encore méprisable.

Ainsi, je comprenais pourquoi mon père avait de belles voitures, mais essentiellement italiennes. Quelques années plus tard, je le suivais dans ses décisions et jusqu’à présent je suis fier d’écarter les marques Volkswagen, Mercedes, Krupp, IG Farben ….Je ne veux pas de mal aux allemands d’aujourd’hui mais ces marques n’ont jamais déclaré suffisamment clairement leurs remords.

Pourtant, je n’ai jamais initié de campagne de dénigrement, juste un sentiment profond de dégoût face à ces architectes de l’horreur.

J’ai boycotté tout seul des produits ou des chaines

A une échelle très différente, par deux fois depuis que je vis en Israël, j’ai boycotté tout seul des produits ou des chaines. Il y a 14 ans contre Aroma, les cafés, pour une humiliation publique par le grand patron trop blanc sans doute, à l’encontre d’une pauvre serveuse éthiopienne qui, devant lui, avait dû faire tomber une tasse. Je n’ai plus mis les pieds dans cette chaîne pendant 10 ans. Sans faire de bruit, seulement moi et ma conscience.

Et récemment, une autre sale histoire à l’égard d’autres éthiopiens méprisés dans une société de production de vins.

Voilà donc, nous aussi sommes capables de boycotter, afin de réveiller les consciences. Vous l’aurez compris, cette introduction nous amène au sujet du temps: le BDS. Démarche collective, tous azimuts, contre Israël et bon nombre de ses produits.

La première question qu’on peut se poser est l’équité de cette démarche. Personne ne boycotte l’Iran? La Turquie? L’Algérie? La Corée du Nord? Ou même à certains égards les Etats-Unis? Le Venezuela? Et tant d’autres. Six millions d’hommes femmes et enfants massacrés au Congo en peu de temps; on ne trouve pas de produits à blacklister chez eux? Non, mais en Israël bien sûr que oui.

Voilà l’injustice suprême qui fleure bon la haine du juif, non?

Et puis, les gourous de cette secte anti-juive ont intérêt à faire du slalom spécial: on bloque la consommation de produits à fort volume mais inoffensifs: Sodastream, par exemple. En revanche, personne ne peut boycotter les composants de tous les i-phone car il faut bien téléphoner; personne ne s’interdit de prendre les derniers anti-cancers; ni même de dire merci aux laboratoires israéliens. On se soigne et on vomit sur ceux qui ont œuvré pour l’humanité, boycotteurs ou non.

C’est quand même fou ! Comme un cancer d’un autre genre,  indestructible chez les salauds depuis des millénaires. Eux interdisent le mot « Israël », comme moi j’avais rejeté « Volkswagen » : sacrée différence d’enjeu, non?

Nous boycottons pour le bien, pour effacer les horreurs; ils boycottent sans conscience.

José Boublil

José Boublil

Chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, ancien associé du cabinet Deloitte, sioniste convaincu.

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