Une enquête qui a des relents politiques

Le juge à la retraite Joseph Shapira enquête sur les procédures de prises de décisions du gouvernement Netanyahou lors de l’opération Bordure protectrice. Sa première rencontre pour démarrer son investigation a été celle qu’il a programmée avec le Premier ministre.

Shapira veut connaître la conduite politique et militaire d’Israël, la démarche suivie lors des prises de décisions, et savoir si elles sont conformes au Droit international de la guerre. Qui a diligenté cette enquête ? Le bureau du Contrôleur de l’Etat suite à des plaintes et des témoignages qui affirment qu’Israël n’a pas respecté le Droit international. Qui profèrent ces allégations ? « Des arabes palestiniens et israéliens, des mouvements israéliens d’extrême gauche, des groupes de civils antimilitaristes et des mouvements des droits du citoyen, » répond Moshe Hanegbi, juriste et spécialiste de droit international.

Ce qui semble important au juge, c’est de s’informer sur les mécanismes d’inspection et d’enquête menés par le gouvernement et Tsahal sur le déroulement de la guerre. Durant la première réunion figuraient des directeurs du bureau des contrôleurs de haut rang, y compris le directeur général de l’Office de révision de la Sécurité israélienne. L’enquête sera menée selon les directives du Droit international, des décisions antérieures de la Cour suprême et les conclusions des commissions publiques des années précédentes.

Le Contrôleur général a confirmé à la presse israélienne la création de la commission d’enquête et la tenue de la première réunion au cours de laquelle le Premier ministre a dû expliquer les relais qu’il a utilisé pour appliquer son processus de prises de décisions et développer ses actions durant l’opération bordure protectrice.

« Tsahal a déjà entamé un certain nombre de procédures judiciaires contre des abus que des soldats ont commis. Ces enquêtes ont été menées conformément aux lois de son propre service judiciaire dépendant du Procureur de l’armée. Bien sûr, ces procédures seront prises en compte par la commission, mais ce que je redoute le plus ce sont les dérapages idéologiques, le combat politique qui se cache derrière cette commission, » conclut Hanegbi.

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