Une campagne électorale qui inclut tous les paramètres de la propagande

Deux forces combattent parallèlement pour convaincre les électeurs hésitants et renforcer les convictions des militants : les sondages et la publicité. Ceux qui ont déjà choisi leur camp jettent un œil indifférent sur les affiches ou les apparitions télévisuelles. Par contre, ils ont le cœur plein d’espoir quand les sondages paraissent dans les médias. Mais là encore, il faut rester prudent sur leur interprétation, car ils cachent eux-aussi des pièges psychologiques.

Coolamnews a fait paraître il y a quelques jours un article sur les critères des sondages, reprenant les chiffres du Bureau des statistiques. Deux éléments sont oubliés dans la présentation des sondages : les indécis, qui représentent presque 30% des sondés, et les futurs abstentionnistes,ou les « sans-idées » qui représentent 31% des sondés. Ce qui fait plus de 60% des votants qui ne donnent jamais un avis tranché.

Deuxième élément, le médias qui présentent l’étude. Si l’on prend en exemple les sondages parus ce jour, le journal Haaretz donne le Parti travailliste gagnant avec 24 sièges contre 22 pour le Likoud. Si l’on prend le sondage commandé par Kol Israël, c’est le contraire, l’institut donne 24 sièges au Likoud contre 22 au Parti travailliste. Donc l’électeur de droite va ignorer le sondage paru dans Haaretz, et l’électeur de gauche celui de la radio. Quant à l’indécis ou l’abstentionniste, il renforcera un peu plus son idée préconçue que la politique est aléatoire.

herzog et la puteItzhak Herzog et Tzipi Livni

En ce qui concerne la publicité, les pièges sont d’autant plus flagrants pour les initiés qu’ils paraissent innocents pour ceux qui se désintéressent du combat politique. L’exemple qui sera cité dans ce texte n’est qu’un exemple, pas une prise de position. Le Parti travailliste, dont Itzhak Herzog est le président, qui s’est joint au parti Hatnua de Tzipi Livni, est très désireux de ratisser le plus large possible, comme tous les partis. Pour ce faire, il réalise une campagne d’affichage qui montre des affiches et des slogans différents selon les personnes à qui la publicité est destinée.

Jusqu’à maintenant, le parti s’est doté d’un nom, le Parti sioniste, qui laisse supposer que les autres partis ne le sont pas. Ce nom a été repris par tous les médias et s’est installé dans l’inconscient collectif comme un fait établi. Seulement, il n’est pas établi pour tout le monde. Car dans la campagne qui s’adresse  à la communauté arabe, le terme sioniste n’apparaît plus. Leur affiche ciblant l’électeur arabe est ainsi libellée : le Parti travailliste pour la paix et l’égalité.

elections 2Slogans, affiches, et sondages : des armes dont la vérité est exclue ?

« Herzog et Livni ont créé un parti qui s’est embarrassé de nos valeurs les plus fondamentales. Mais il est sûr que Ben-Gourion s’est retourné dans sa tombe en voyant l’affiche », a déclaré un fonctionnaire du Foyer juif dans une déclaration reprise par la presse de droite. Mais les dirigeants des partis en lice se soucient peu des moyens utilisés, tant que leurs campagnes réussissent à convaincre quelques crédules. et la véritable question est de savoir si les slogans, affiches et autres sondages sont des armes dont la vérité la plus simple est exclue?

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