Un Monde futur, pour quoi faire ?

 

Un monde devenu probablement ténébreux, ou bien probablement illustre, son devenir sera probablement l’entente planétaire, ou bien probablement le chaos absolu, c’est un demain vraisemblablement inimaginable pour les hommes d’aujourd’hui comme cela le fut pour les hommes de Neandertal évoquant un monde futur impossible à concevoir. Par Rony Akrich.

Aucun de nous n’est prophète mais demain, seulement, ce sera à nous de décider si oui ou non l’œuvre humaine, nos propres règles comme celles de la société pourront être déposées dans le panier de l’espérance, là où toutes nos aspirations et tous nos desseins rencontreraient enfin l’harmonie de l’univers.

Au sein de cette nouvelle symphonie les sons du respect et de la reconnaissance d’autrui deviendraient les cuivres tonitruants d’un appel au futur choisi, en toute connaissance de cause.
Arrêtons d’être les objets de notre Histoire, d’une histoire agencée par d’autres que nous mêmes, soyons les sujets des verbes de la plus belle des aventures, celle des hommes.

L’avenir n’a pas encore tracé ses traits, c’est à moi d’en commencer l’esquisse, de lui donner ses premières formes, puis de le corriger grâce à ces autres coups de crayon que sont les œuvres de l’homme…
La Bible (le Tanach’) n’évoque jamais clairement l’existence d’un Monde futur qui est pourtant reconnu comme l’une des solides charpentes du Judaïsme. Si le Monde futur n’est pas désigné précisément dans la Torah, il y est perçu comme un postulat inexprimé.

Par contre, la gratification est assurée à ceux-là même qui exalteront la Loi comme, par exemple, ceux qui honoreront leurs parents; cette rétribution sera toujours octroyée dans le Monde d’ici bas, une promesse inlassablement réalisée au sein d’une réalité immanente.

D’abord et avant tout le Monde des vivants.

Un sage contemporain fut interrogé sur l’antique sujet d’un contact éventuel avec les morts; il réagit de manière probante: «Je serais bien plus heureux si au lieu de rechercher le dialogue avec les morts, nous parvenions à l’établir avec les vivants!» En clair l’écrit et la pensée Toranique se manifestent d’abord et avant tout au vu et su du Monde des vivants.

Les faits et gestes de l’homme engendrent l’Histoire, de leurs actions surgissent leurs ambitions, leurs envies créent le besoin d’entreprendre, et seul l’intérêt porté à la chose peut faire de cette dernière une œuvre perfectible.
L’envie se mêlant au devoir de poursuivre sans relâche ses propres intérêts créera la passion. Certains ont réussi à transformé un temps soit peu notre planète, mais il leur fallut engager toute cette passion pour y parvenir. La passion ne se lasse guère, elle rentre vite en besogne et ne laisse nul répit à l’homme source de son énergie, elle le propulse vers ses desseins, lui permet de se réaliser et devient sa volonté.

La finalité absolue de la Torah

Le monde ne se meut pas au hasard du temps et de l’espace, il évolue dans et vers l’expression spirituelle, cela traverse bien sûr aussi la dure école de la violence. Le philosophe ne tergiverse pas pour savoir si la raison gère la société humaine, elle a toujours gouverné l’Histoire et elle poursuivra cette tache à l’avenir.
Ouvrons les yeux de notre regard face à l’actualité et devant la confusion des événements nous nous devons d’instruire et d’apprécier l’esprit des événements et surtout ne pas considérer le semblant de désordre de l’Histoire comme sa réalité.

Nous vivons au sein de cet univers et non dans cet autre transcendant, nous aspirons à retrouver l’Eternel dans notre vie quotidienne grâce à l’étude et la sanctification de nos comportements les plus courants. La finalité absolue de la Torah est de nous fournir les principes essentiels à la constitution d’une existence honnête, celle ci permettant de faire valoir la présence divine, non pas dans le Monde futur, où elle séjourne toujours, mais aussi parmi nous, dans notre milieu. Si les Textes bibliques paraissent négliger l’au-delà, le Talmud de son côté mentionne abondamment le Monde futur, et les voies pour y accéder. (A SUIVRE…)

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

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