Un juif tunisien en Inde. par Pierre Mamou

L’Inde est un continent que pendant vingt ans j’ai parcouru du Nord au sud. D’Agra et son Palais du Taj Mahal ​(une des sept merveilles du monde,  construit par un prince Moghol pour honorer son épouse décédée,​) à Jaipur, la ville Rose au Rajasthan, célèbre pour ses promenades à dos d’éléphant, ses palais de Maharajah, ses temples de Garth Ganesh et ses centres de vente de pierres semi-précieuses où j’effectuais mes achats.​

Inde. J’ai voyagé de Bombay et Bollywood et à Goa cet ancien comptoir Portugais où j’ai mené des recherches sur les Marranes Portugais réfugiés dés le 16ème siècle dans cette ville. Ils faisaient commerce du corail méditerranéen et des diamants indiens avec les Juifs de Livourne, d’Amsterdam et de Londres en servant d’intermédiaire avec la caste Indienne de Goa.

Mais le plus souvent j’effectuai la majorité de mes séjours à New-Delhi, la capitale économique​. Je résidai dans le magnifique hôtel « L’Impérial », construit dans le style colonial anglais. Séjourner dans cet hôtel avec son magnifique décor d’une beauté et d’un luxe unique​ au monde, me donnait la sensation de vivre dans un film hollywoodien. Cependant ​comme le cout de la vie était moins élevé qu’en occident, les tarifs y étaient abordables et mes clients européens y séjournaient également. J’allais les accueillir à l’aéroport avec la limousine de l’hôtel et leur offrait en signe de bienvenue un collier de jasmin qui me rappelait ma Tunisie natale.

De nombreuses entreprises artisanales sont installées dans la région de New Delhi où des ouvriers ​fabriquent des produits et des objets réalisés manuellement. C’est bien sur introuvable en Europe en raison du cout élevé de la main d’œuvre.

La machine à remonter le temps

La vie est très agréable en Inde malgré le contraste saisissant entre une masse de gens pauvres, malheureusement résignés ​à leur sort et une minorité de privilégiés affichant une insolente richesse. La religion hindoue largement majoritaire impose une nourriture végétarienne qui me convenait parfaitement. Malgré la multitude de dialecte​s locaux ,la langue commune à tous est l’anglais et se déplacer en Inde c’est avoir le privilège de croire que l’on dispose d’une machine à remonter le temps.

On découvre des paysages et des activités rupestres, des animaux en liberté, partout dans les villes des vaches sacrées intouchables, des porcs qui servent de bennes à ordures vivantes en mangeant tous les détritus et restes de nourriture se trouvant dans les rues et des familles de singes sur les routes qui obligent les voitures à ralentir pour leur laisser le passage. Sont présents aussi en Inde tous ces petits métiers artisanaux qui ont disparu en occident et qui font le charme des cités indiennes.​

Les communautés Juives qui ne furent jamais persécutées en Inde, émigrèrent majoritairement à la création de l’Etat d’Israël. Les quelques milliers de Juifs qui y demeurent encore, descendent de trois anciennes communautés Juives historiques, chacune dans une aire géographique très déterminée. La communauté de Cochin dans le sud du sous-continent avec deux sous groupes, les Juifs Noirs plus anciens et les Juifs Blancs d’origine plus récente. Puis les Beni-Israël dans les environs de Bombay et la communauté des Baghdadi d’origine Iraquienne. Sans oublier les descendants d’une des tribus perdues d’Israël les Bne Menashe aux confins de la frontière avec la Birmanie dans le Manipur.

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Pierre Mamou

Pierre Mamou

Pierre Mamou est né à Tunis qu’il quitte adolescent mais où il garde de nombreux amis et relations.Il choisit une carrière dans le commerce international qui lui permet de voyager dans le monde entier ,notamment en Chine et en Inde,mais sa véritable passion est d’aller à la rencontre des communautés Marranes,ces Juifs Espagnols obligés de se convertir ou de s’exiler il y a 5 siècles.Chaque mois il nous fera un récit historique et racontera ses rencontres d’Amsterdam à Livourne, de la Jamaïque à Goa en Inde à la découverte des communautés Marranes

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