Un juif tunisien en Argentine. Par Pierre Mamou

L’une de mes clientes et amie Elsa Serrano, célèbre créatrice Argentine m’invita en 1993 à lui rendre visite à Buenos Aires.

Je parti en septembre de cette année pour l’Amérique du sud en faisant une courte escale au Brésil. Je n’ai donc pas eu le temps d’aller à la rencontre des descendants des Marranes Portugais qui émigrèrent en masse lors de la découverte du Brésil par le navigateur Cabral et son second le Juif Gaspar de Gama.

Ils seraient aujourd’hui plusieurs millions à revendiquer leurs origines Juives. L’Institut Européen d’études et de recherches Marranes que j’ai fondé à Paris est l’un des trois instituts existants dans le monde. Les deux autres se trouvant à Netanya en Israël et à Recife au Brésil ont pour vocation d’aller à la rencontre des descendants des Marranes qui souhaitent renouer avec leur origine Juive.

Mon arrivée

J’arrivais durant les fêtes de Roch Hachana à Buenos Aires, surnommé le Petit Paris. Ainsi je découvris les deux communautés Juives Argentines, celle turco-syrienne et l’autre ashkénaze. La vie Juive y était intense. Je prenais mes repas au restaurant Souka David en me mêlant aux Juifs Argentins.

Me promenant le jour de Roch Hachana avec un ami, je constatai que les boutiques ouvertes appartenaient à des commerçants Coréens et celles fermées aux résidents Juifs de la ville.

L’actualité me rattrape

Le 13 septembre 1993, alors que je me trouvai dans ma chambre d’hôtel regardant CNN, je vis sur la pelouse de la Maison Blanche Bill Clinton entouré de Yitzhak Rabin, Yasser Arafat et Shimon Peres.

Je me précipitai alors vers le téléphone et j’appelai mon ami Abdelhamid Escheikh l’ambassadeur de Tunisie à Paris pour partager avec lui mon émotion devant ce qui semblait alors être la fin du conflit et cette paix tant attendue. Avec l’ambassadeur nous avions ensemble discrètement dans l’ombre, facilité certains contacts Israélo-palestiniens. Leur aboutissement était fantastique. L’ambassadeur me dit alors ; »Pierre c’est aussi un peu grâce à nous ».

La quiétude de la communauté Juive de Buenos Aires fut cependant bouleversée un an plus tard par l’attentat contre l’AMIA,​ quand une voiture piégée explosa le 18 juillet 1994 devant le bâtiment abritant plusieurs associations Juives avec un bilan de 84 morts et 230 blessés. L’attentat n’a jamais été revendiqué et les enquêtes qui suivirent furent entaché​es de nombreuses irrégularités alors que l’implication de l’Iran ne faisait pas de dout​e.

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Pierre Mamou

Pierre Mamou

Pierre Mamou est né à Tunis qu’il quitte adolescent mais où il garde de nombreux amis et relations.Il choisit une carrière dans le commerce international qui lui permet de voyager dans le monde entier ,notamment en Chine et en Inde,mais sa véritable passion est d’aller à la rencontre des communautés Marranes,ces Juifs Espagnols obligés de se convertir ou de s’exiler il y a 5 siècles.Chaque mois il nous fera un récit historique et racontera ses rencontres d’Amsterdam à Livourne, de la Jamaïque à Goa en Inde à la découverte des communautés Marranes

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