Un homme immense vient de nous quitter: Jean-Claude Niddam, un Hakham et notre ami 

 

Voilà des mois, plusieurs synagogues se sont mobilisées pour demander au Créateur de redonner la santé à Jean-Claude Niddam. Tous les membres, de tous horizons, ont prié fort pour sa refoua. Mais ces efforts n’ont pas suffi.

Il pourrait y avoir un biographe officiel pour Jean-Claude Niddam, ce tsaddik d’une grande importance. Mais par crainte de voir des tas de gens tristes mais trop modestes, je me permets de dire ici quelques mots sur une personne qui, en dépit du trop petit nombre de nos rencontres, était mon ami.

D’abord, au-delà de toutes ses connaissances, son parcours, on ne peut qu’admirer aujourd’hui les gens d’exception qui sont modestes, souriants avec le monde entier, d’une parole douce, apaisante et juste. Imaginer une seconde que le monde vient de perdre un tel homme est extrêmement douloureux.

Pour comprendre la stature aussi, il faut savoir que Jean-Claude a eu des responsabilités considérables en Israël, surtout pour un francophone. En particulier il était chargé des relations juridiques entre les palestiniens et les israéliens, surtout au plan du quotidien. A la fois sioniste très engagé, il avait à résoudre au fond, les points les plus difficiles de l’époque: la justice entre deux communautés.

L’expulsion des juifs des pays arabes

L’autre dossier considérable qu’il traitait était celui des revendications des juifs sépharades expulsés, gentiment ou de façon plus brutale, des pays arabes entre 1950 et 1970 environ. Les spoliations de près de 900 000 personnes étaient sous sa supervision, et il demandait à tous d’apporter des dossiers, de montrer cet équilibre entre la vie des arabes ayant quitté leur ville en Israël et les juifs d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient poussés vers la sortie. Cet enjeu est, lui-aussi considérable dans nos négociations en cours.

Je ne connais pas les autres sujets qu’il traitait toujours avec enthousiasme et professionnalisme. Mais je crois que la notion de justice et de morale faisaient partie de ses valeurs essentielles.

Enfin, pour ceux qui n’ont pas eu l’honneur de le côtoyer, je veux dire que cet homme forçait l’admiration par une culture sans fin, tant de Thora que Hol. Il parlait l’arabe d’un dignitaire, et son charisme doux impressionnait tous les arabes à qui il s’adressait. C’était en somme le meilleur représentant qu’on puisse rêver pour le peuple juif . Et il part bien trop tôt pour nous tous.

Baroukh Dayan Haemet. Nous sommes sûrs qu’il sera au plus près du trône d’Hachem, mais bien trop tôt.

Nous pensons fort à toute sa famille.

Jean-Claude, merci d’avoir apporté ton sourire et ta gentillesse à tant de monde.

José Boublil

José Boublil

José Boublil

Chef d’entreprise dans les nouvelles technologies, ancien associé du cabinet Deloitte, sioniste convaincu.

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