Un certain laxisme de la justice belge concernant l’antisémitisme

Classé sans suite! C’est la décision prise par le parquet de Bruxelles au sujet de l’affaire du tag antisémite apparu en avril 2014 sur la façade d’un commerce d’informatique de la rue Jean Volders à Saint-Gilles. Le 16 avril, au matin, Philippe Lachman, le patron de Computer Factory, tombe sur les mots « Sale Juif » inscrits en grand et en bleu sur son volet. Plainte est déposée immédiatement par l’intéressé auprès de la zone de police Midi. « Ma première réaction a été de songer aux magasins de Berlin qui, pendant les années trente, étaient ciblés par la propagande antisémite. Je suis d’une génération particulièrement sensibilisée à cette époque et suis donc extrêmement choqué par la présence de ce tag sur le volet de mon magasin. Cela fait 16 ans que j’y travaille et c’est la première fois que je fais face à ce type de problème« , réagissait-il à l’époque. Mais depuis cet incident, la police a fait chou blanc. Impossible de mettre le grappin sur l’auteur du tag. « Le dossier en question a été classé sans suite pour cause d’auteur inconnu. Comme tous les dossiers classés sans suite, il peut bien sûr être rouvert si des éléments nouveaux apparaissent« , précise le parquet de Bruxelles. « Cette décision ne m’étonne pas« , réagit Philippe Lachman qui comprend qu’à partir d’un tag, et en l’absence d’images de vidéosurveillance, on ne puisse remonter jusqu’à l’auteur. En tous les cas, c’est le deuxième acte antisémite médiatisé qui fait l’objet d’un classement sans suite. En novembre 2011, Océane, une adolescente de 13 ans, était violemment frappée par des camarades de classe parce que juive. Les faits s’étaient produits au centre sportif de Neder-over-Heembeek. Plainte avait été déposée par le papa. Mais l’enquête a été clôturée. Les auteures de l’agression avaient « simplement » été sanctionnées par leur établissement scolaire.

 

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