Troublant : L’Autorité palestinienne bloque désormais l’accès à tous ses rapports financiers

L’Autorité palestinienne (AP) a bloqué l’accès à tous les rapports financiers qu’elle publiait. De quoi dissimuler ses pratiques et empêcher tout contrôle externe.

Depuis 2008, afin de recevoir un financement de la Banque mondiale, l’Autorité palestinienne est tenue de publier une série de documents et de rapports financiers. Elle s’y tenait jusque là. Notamment concernant son budget annuel et des rapports mensuels sur l’exécution du budget. Si l’Autorité palestinienne a temporairement honoré l’engagement de publier son budget annuel, elle ne l’a plus fait depuis 2019. En revanche, à l’exception de quelques incidents mineurs ( révélés par Palestinian Media Watch puis rectifiés), l’Autorité palestinienne avait été relativement méticuleuse dans la publication de ses rapports mensuels. Idem sur l’exécution du budget.

Jusqu’à récemment (comme indiqué ci-dessous), le site Web du ministère des Finances de l’Autorité palestinienne donnait accès à tous les rapports sur l’exécution du budget actuels et antérieurs. 

Le dernier rapport sur l’exécution du budget de l’AP publié en date de janvier 2022 a été téléchargé par PMW. Cependant, cette option est désormais bloquée. L’AP empêche tout examen extérieur.

La décision de l’AP de bloquer tout accès aux rapports sur le site du ministère des Finances est récente. Sans doute, après que PMW a utilisé les rapports pour démontrer comment l’AP a dépensé 841 millions de shekels/270,75 millions de dollars, rien qu’en 2021. Des sommes versées aux terroristes emprisonnés, aux terroristes libérés, aux terroristes blessés et aux familles des terroristes morts.

L’ONU n’y voit que du feu

Étonnamment, alors que l’AP prend des mesures actives pour empêcher tout semblant de transparence financière, le Premier ministre de l’AP, Muhammad Shtayyeh, tient des réunions de haut niveau avec l’ONU et d’autres responsables. Objectif en vue, la prochaine réunion du Comité de liaison ad hoc (AHLC). Il s’agit d’un groupe international de donateurs qui coordonne l’aide à l’AP.

Dans une série de tweets, Shtayyeh a fait le point sur ses rencontres. On y retrouve entre autres, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient. Mais aussi des dirigeants de la Banque mondiale et le ministre Norvégien des Affaires étrangères. Certes, la Norvège dirige l’AHLC.

Les réunions de l’AHLC se tiennent deux fois par an. C’est l’occasion pour l’AP de demander à la communauté internationale de continuer à ignorer ses paiements aux terroristes.  L’occasion aussi d’allouer des sommes toujours croissantes au budget de l’AP.

La transparence n’existe plus

En parallèle, le gouvernement de l’AP a annoncé qu’il avait approuvé le budget général pour l’exercice 2022, avec un déficit budgétaire de 558 millions de dollars :

« Le gouvernement [de l’AP] a approuvé le projet de loi de finances générale pour l’exercice 2022 avec des recettes totales prévues d’environ 4,771 milliards de dollars, des dépenses totales d’environ 5,851 milliards de dollars et un déficit qui atteindra 558 millions de dollars…

Le gouvernement prévoit des dons des États donateurs pour 2022 à un total de 523 millions de dollars. Ainsi, 300 millions de dollars seront alloués pour des projets et 200 millions de dollars pour le budget.

[Quotidien officiel de l’AP Al-Hayat Al-Jadida , 1er avril 2022]

Le but d’exiger de l’AP qu’elle publie des rapports financiers était de fournir des informations publiques sur la façon dont l’AP dépense l’argent. La plupart provenant d’Israël et de la communauté internationale.

En effet, ces rapports ont également aidé PMW à exposer des aspects supplémentaires des paiements de l’AP aux terroristes. Par exemple, le fait que l’AP a transféré des centaines de millions de d’euros à l’OLP ces dernières années. Avant que la communauté internationale n’intervienne à nouveau pour fournir une assistance à l’AP, elle devrait d’abord exiger que l’AP abolisse sa politique de récompense du terrorisme et assure une transparence financière totale.

SOURCE : Palestinian Media Watch

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