Tout est possible ou l’incroyable odyssée de Marcelle Machluf

 

Aucune personne réputée sensée ne se serait permise de prédire un tel phénomène possible : Partir de moins que rien et réussir à se hisser au rang des plus éminents scientifiques israéliens, être reconnue des siens dans le domaine du cancer et des nanotechnologies.

Et dire partir de rien n’est vraiment pas un pléonasme : Notre petite Cosette, née après huit grossesses avortées, est la fille unique d’une mère célibataire qui a immigré en Israël du Maroc sans aucune éducation, obligée d’être femme de ménage pour survivre et plus tard nourrir son enfant.

Une telle « maman courage aimante » ne pouvait être qu’un modèle pour une petite fille née surdouée et travailleuse de surcroît.

Et c’est ainsi qu’à l’âge de 11 ans, à contrario de la plupart des enfants qui passent leur temps libre à ne rien faire ou rester scotchés devant leur poste de télévision, elle se précipite dès qu’elle le peut auprès de sa mère pour l’aider à terminer son travail plus vite, consciente de sa fatigue… « Je repense souvent à ces moments-là, raconte aujourd’hui notre scientifique.

Je me souviens combien ma mère avait dû travailler dur, combien j’avais tout fait pour l’épauler mais surtout combien elle vérifiait que cela ne se fasse jamais au détriment de mes études. »

Avoir réussi à « faire avec »

Tout n’étant jamais négatif, arriva le jour où elle eut la chance d’être acceptée dans un programme d’intégration novateur : « Alors que j’ai grandi dans un quartier où la plupart des résidents étaient des immigrés marocains et algériens, je me suis retrouvée tout à coup dans un autre monde, assise à côté d’enfants baignant dans l’opulence, qui leur permettait mille choses que nous ne pouvions nous offrir comme d’avoir un professeur particulier, de jouer du piano, etc…

Si j’en suis toujours un tantinet jalouse « quelque part », avoir réussi à « faire avec », a grandement participé de la construction de ma personnalité », conclut-elle dans un sourire.

Après avoir fait son service militaire à la Air Force Technical School dans une section spécialisée qui lui permit de devenir technicienne en communication elle obtint son baccalauréat au département des sciences de la vie de l’Université hébraïque, un peu plus tard réussit une maîtrise au département de génie biomédical et de génie chimique de l’Université Ben Gourion puis son doctorat, avant de poursuivre des études de troisième cycle à l’Université Harvard.

Femme de l’année 2018 pour le magazine « Globes ».

Aujourd’hui, âgée de 55 ans elle cumule les casquettes avec brio : Largement impliquée dans les domaines de la libération contrôlée de médicaments anticancéreux et la thérapie cellulaire pour la récupération du tissu cardiaque, des vaisseaux sanguins et du pancréas, doyenne de la faculté de biotechnologie et de génie alimentaire du Technion, elle y développe et conçoit des systèmes et des microsystèmes à l’échelle nanométrique et approfondit les recherches sur la transplantation cardiaque, plus particulièrement quant aux études novatrices sur l’ingéniérie des tissus cardiaques et gère simultanément un laboratoire de génie des organes à Singapour.( Le gouvernement de Singapour intéressé par cette technologie lui ayant accordé un financement de quelques 20 millions de dollars.)

Autre domaine, elle cherche à développer un type de médicaments anticancéreux conçu pour toucher directement sa cible et conséquemment éviter de nuire aux organes sains contrairement aux traitements habituels, explique-t-elle.

Autre réussite de Marcelle Machluf, une vie de famille harmonieuse et trois enfants dont elle est l’exemple difficile à suivre et le challenge !

Cerise sur le gâteau de cette petite fille née avec tous les handicaps imaginables et plus encore, voilà cette femme nettement hors du commun élue femme de l’année 2018 par le magazine « Globes ».

Le choix de la femme de l’année reposant sur des valeurs importantes, écrit l’éditeur du magazine Vered Ramon Rivlin, non seulement l’exemple de son excellence soutient la recherche biomédicale, mais constitue un facteur de motivation sociale exceptionnel.

Voilà qui est dit et bien dit !

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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