Comment le terrorisme palestinien a inversé les responsabilités©

Sfard, ou Comment le terrorisme palestinien a inversé les responsabilités

En octobre 2017, l’Avocat israélien Michael Sfard va publier son ouvrage : « le mur et la barrière : Israël, la Palestine et la bataille judiciaire pour les droits de l’homme » (Metropolitan Books, New York), qui aborde, très négativement, la présence israélienne en Cisjordanie depuis 50 ans. Ce défenseur de terroristes palestiniens, de soldats qui refusent de s’engager dans l’armée israélienne (« refuzniks ») ou encore des Ong pro palestiniennes, y explique comment le Droit israélien a encouragé et cautionné ce qu’il appelle « l’occupation de la Cisjordanie depuis 50 ans » (sic), et, la violation des droits des palestiniens (sic). Son analyse est intéressante en ce qu’elle illustre le processus par lequel les palestiniens sont parvenus à inverser les responsabilités dans leur situation contemporaine : les palestiniens seraient les victimes d’un système israélien violent qui limiterait leur liberté d’expression (sic). (L’article est consultable dans le Monde du 3 juin 2017).

Ce fils de dissidents polonais (venus s’établir en Israël à la fin des années 60) et petit fils du sociologue Zygmunt Bauman, estime que l’espace politique en faveur du militantisme pro palestinien s’est réduit en raison d’un recul de la démocratie en Israël, et du refus, par l’Etat juif, d’accepter les critiques concernant « les politiques d’occupation et de colonisation » (sic). Toute son argumentation repose sur « l’occupation de la Cisjordanie », présentée comme constituant les « territoires palestiniens », contre laquelle il dit lutter. Ce postulat n’en reste pas moins surprenant de la part d’un éminent Avocat qui sait parfaitement que la Cisjordanie n’est pas occupée, seule la Jordanie l’était avant le 31 juillet 1988.

Aussi, reproche-t-il les mutations intervenues au niveau de la Cour Suprême, qui, de tendance libérale, a adopté des valeurs conservatrices et un projet nationaliste. (En d’autres termes, l’une des causes des malheurs des palestiniens trouverait sa source dans l’institution judiciaire israélienne, désormais, moins favorables aux palestiniens). S’il admet que les tribunaux israéliens sont un lieu de débat, « non souillé par la violence qui domine la sphère politique » (sic), à aucun moment, il n’évoque l’idéologie palestinienne, définitivement hostile à toute normalisation des relations avec Israël et son refus de renoncer à la lutte armée. Il s’agit de la première inversion des responsabilités dans le blocage de la situation.

Michael Sfard explique alors avoir servi « dans les territoires occupés » pendant son service militaire et avoir refusé d’y être réserviste, quelques années plus tard, lorsqu’il est devenu « mature et moins naïf ». Il indique alors avoir imaginé qu’il était possible « d’être humain avec les palestiniens », avant de comprendre que « le système d’occupation auquel on participe comme soldat déshumanise ceux qui y sont soumis ». Une fois encore ce propos est tout à fait curieux. Le défenseur des terroristes palestiniens est né en 1969. Il a donc fait son service entre 1989  et 1992, c’est-à-dire à une période de calme relatif avec les palestiniens. C’est l’engagement du processus d’Oslo (postérieure à la renonciation par la Jordanie de la Cisjordanie) qui est à l’origine de la recrudescence des violences palestiniennes. Les centaines de meurtres commis par les palestiniens ont alors conduit Tsahal à une plus grande fermeté dans la relation avec les palestiniens, à l’affût de tuer des juifs. Selon l’avocat israélien, Israël serait à l’origine de la frustration palestinienne, alors que c’est la violence palestinienne qui est à l’origine de la méfiance israélienne.

Pour  Michael Sfard, Il n’y aurait pas de « façon humaine d’imposer un régime militaire coercitif, sur plusieurs générations, surtout lorsque les colons jouissent de privilèges et de droits dont sont privés leurs voisins ». Il explique alors refuser au « régime d’occupation » (sic)  car « la brutalité de l’occupation ne prend pas racine au premier chef dans la violence sadique et cruelle qu’on voit parfois dans des vidéos virales, mais dans la lente et croissante privation à long terme des ressources, des droits et de la dignité dans la vie quotidienne ». En tant qu’éminent juriste, il sait parfaitement que la Jordanie « occupée » ne l’est plus depuis le 31 juillet 1988 et que la situation contemporaine résulte des accords israélo palestiniens d’Oslo qui ont réservé à Israël l’intégralité des prorogatives civiles, administratives et militaires sur 60 % de la Cisjordanie. Il conviendrait donc, pour Michael Sfard, qu’il qualifie juridiquement la situation telle qu’elle est, sans se retrancher derrière la qualification impropre et mensongère de la communauté internationale. Il cesserait de fustiger Israël pour son manque de considération pour la liberté de conscience à l’égard des « refuzniks » qui sont déclarés inaptes (sic).

S’il admet toutefois que, dans la période postérieure à 1967, les politiciens étaient ouverts à la discussion s’agissant des revendications sur la terre, les avocats se seraient par la suite résigner à demander l’application des Conventions de Genève et auraient accepté certaines infidélité par rapport à la Loi. Rappelons bien évidemment que, faute d’occupation de territoire, les Conventions de Genève sont inapplicables. Sur ce point, il ne peut critiquer Israël pour ses libertés prises par rapport à la Loi internationale. Il doit juste faire une exacte qualification juridique de la situation, à savoir que « les biens sans maître de Judée Samarie » font désormais l’objet d’une répartition des prérogatives, conjointement décidée entre israéliens et palestiniens.

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