Témoignage du journaliste israélien lynché à Jaffa

Présents à Jaffa, samedi soir dernier, afin de couvrir les funérailles du jeune arabe israélien tué par un policier qu’il tentait de fuir, Guilad Shalmor, journaliste à Channel 2, et Gal Zeitman, photographe, ont échappé au pire.

« C’est un miracle si rien de plus grave n’est arrivé », a posté dimanche soir Guilad Shalmor sur son compte Facebook. La veille à Jaffa, les deux hommes, qui se trouvaient à quelques mètres du cortège funèbre, deviennent bientôt la cible d’émeutiers déjà en proie avec la police et saccageant tout sur leur passage. Rapidement, une horde d’individus les encerclent et procèdent à leur lynchage, les battant, les étranglant et les frappant.

« J’ai déjà vécu des situations désagréables. Mais samedi, j’ai eu le sentiment que si je n’arrivais pas à sortir de là, personne ne viendrait me sauver », a déclaré Gal Zeitman. « Pas eu un seul cri d’adulte pour empêcher notre lynchage, mais au contraire de l’enthousiasme. Nous nous en sommes sortis avec beaucoup de chance. »

« j’ai pensé, à tort que j’étais en sécurité. « 

Sur Facebook, Guilad Shalmor n’a pas hésité à décrire le cauchemar qu’il a vécu samedi soir. « Comme d’habitude, nous voulions immortaliser les images et le son de cette tourmente afin de rendre compte au mieux de la situation sur place. Nous avons marché avec [le cortège funéraire]. Des centaines de personnes, la plupart des jeunes, suivaient le véhicule avec le corps du jeune homme aux cris de « Allahu akbar ». Après avoir été invité par certains d’entre eux à nous approcher, j’ai pensé, à tort que j’étais en sécurité. »

En quelques instants, la situation a viré au rouge. Les deux hommes subissent les assauts des émeutiers. « Ils ont commencé à battre Gal », explique Guilad Shalmor. « Des jeunes ont pris son appareil photo et l’ont brisé. Ils l’ont frappé et frappé encore, mais il a réussi à s’échapper. » La foule s’est alors tournée vers le journaliste qui en appelle à leur clémence. « Je me suis souvenu des conseils du guide lors d’un safari en Afrique du Sud. Il m’expliquait comment il ne fallait pas fuir face à un animal sauvage pour ne pas éveiller son instinct naturel de chasseur. Face aux [émeutiers] qui avaient battu Gal, j’ai levé les mains comme pour m’excuser. J’ai pensé que si je demandais pardon pour notre intrusion, je pourrais repartir en paix. »

« Il a mis sa bouche sur mon cou et a mordu très fort. « 

Vaine tentative. « Encore une fois, par instinct, j’ai pensé qu’il ne fallait pas me battre, même si j’en étais capable. Cela ne ferait qu’augmenter que plus leur colère. Deux d’entre eux m’ont traîné au sol, tandis que d’autres ont déchiré ma chemise. Un autre enlaçait ses bras autour de ma gorge. Il a mis sa bouche sur mon cou et a mordu très fort. »

« J’ai vite réalisé que j’étais victime d’un lynchage. Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Cinq minutes ou 15 secondes. Je n’en ai aucune idée. Je ne sais pas non plus combien de personnes y ont participé. Peut-être 5, peut-être 15. J’étais seul et j’ai compris que je devais sortir de là aussi vite que possible. Mais je ne pouvais pas voir avec un seul œil. Ma jambe gauche était trop faible pour me traîner hors de là. Des dizaines de gens étaient autour de moi, applaudissant et hurlant des choses que j’entendais comme si j’étais enfermé dans une pièce et qu’ils se tenaient à l’extérieur. »

Le cauchemar a pris fin alors que Guilad Shalmor est soudainement sorti de la foule, appelé à courir pour sauver sa vie. « Apparemment, les animaux en ont eu assez, puisque personne ne m’a poursuivi. » Pris en charge à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, il s’en sort avec des côtes cassées, des articulations déchirées, un œil au beurre noir et des contusions dans tout le corps.

Katja Epelbaum

Katja Epelbaum

Diplômée de la Sorbonne en Science politique et en Histoire, j'ai toujours su que je m’épanouirais professionnellement dans l’écriture. Depuis l'Alya, Katja collabore avec le journal Hamodia et Le Mag, et poursuit différents projets d’écriture.

8 pensées sur “Témoignage du journaliste israélien lynché à Jaffa

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    1 août 2017 à 18 h 37 min
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    Il a été attaqué par des animaux selon ses déclarations; il aurait dû être plus prudent et s’y attendre.

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    1 août 2017 à 19 h 36 min
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    Il croit qu un journaliste sympatisant de toutes les causes arabes , sera a l abris de ces barbares ! Un jour les arabes s en prendront aussi aux journaleux du haaretz et autres torchons !

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    1 août 2017 à 20 h 48 min
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    Les Israeliens ont laisses l’ennemi a l’interieur pour combattre les Juifs et maintenant ils sont attaque et sont surpris d etre la proie des monstres qu’ils nourrissent et finance

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    2 août 2017 à 6 h 36 min
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    Esperons que le recit de leur debut de lynchage fera comprendre aux lecteurs de ces 2 journalistes ce que sont les Arabes.

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    2 août 2017 à 6 h 42 min
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    Esperons que le recit de leur debut de lynchage fera comprendre aux lecteurs de ces 2 journalistes (et a eux meme) ce que sont les Arabes.

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    2 août 2017 à 12 h 07 min
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    Journaliste ou pas la meute arabe ne fait pas de quartier.
    et d’ailleurs les memes individus s’attaquent a des enfants a des femmes et des vieillards.Un chien est plus a meme de faire la difference mais un arabe ne pense qu’a tuer depuis la nuit des temps.
    Quand certains journaux font semblant de ne rien voir ils devront subir comme
    tout un chacun les enragés de l’islam

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    2 août 2017 à 16 h 56 min
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    Pauvres et Imprudents Journalistes c’est se jeter dans la gueule du loup, vécu au sens propre, que de suivre un convois funéraire d’un arabe a Jaffa.
    Votre journal ne pouvait il pas envoyer des journalistes arabes?
    Afin de remercier les nombreux commerçants qui sont intervenus pour éviter ce lynchage Jaffa ne me reverra pas de sitôt!!

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    2 août 2017 à 23 h 02 min
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    Je crois que ce qu’il y a de pire dans ce récit, c’est de savoir que cela se passe à quelques centaines de mètres de Tel Aviv ! Que ces arabes « israéliens » peuvent tout se permettre. Il est plus que temps de foutre tous ces arabes hors de l’état d’Israel et de trouver tous les prétextes pour leur ôter leur citoyenneté israélienne.

    Tant que l’état d’Israel ne comprendra pas que 1,7 millions d’arabes à l’intérieur de frontières qui de toutes façons sont discutables, c’est beaucoup trop. On les a vus, ils sont D’ABORD arabes/palestiniens et peuvent à tout moment devenir terroristes.

    L’histoire d’Oum El Far’m le prouve. Il y a potentiellement des dizaines de milliers d’arabes israéliens capables de produire un chaos terrible EN ISRAEL !

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