Tel Aviv – La Mecque sans escale : bientôt une réalité

Le premier vol direct entre Israël et l’Arabie Saoudite sera inauguré le 23 Septembre. Une nouvelle historique pour les milliers d’Arabes israéliens qui entreprennent chaque année le pèlerinage traditionnel de la fête musulmane du sacrifice. Et peut-être un signe avant-coureur d’un nouvel essor des relations entre Jérusalem et Riyad.

Un pèlerinage en bonne et due forme

Pour les musulmans détenteurs d’un passeport israélien, réaliser ce qui est considéré comme l’un des piliers de la foi musulmane était jusqu’à présent un calvaire. Le pèlerin devait tout d’abord se rendre en Jordanie en bus ou en avion, puis attendre patiemment de recevoir un visa touristique pour l’Arabie Saoudite et finalement entreprendre le long trajet routier depuis la Jordanie vers la Mecque. Pour les plus aisés, il était possible de prendre l’avion d’Amman à destination de Riyad. L’inauguration de cette nouvelle ligne fait donc plus d’un heureux et l’agence de voyage Israélienne de Ramla qui chargée de la billetterie est déjà en surbooking avec plus de 780 voyageurs potentiels. Le premier avion sera, sauf changement de dernière minute, affrété le 23 Septembre.

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Une décision sensible

Pour Israël, mis à part quelques questions de sécurité tout à fait maitrisables, la décision est claire: ouvrir une ligne directe avec Riyad est un signe encourageant, qui plus est, si cela peut faciliter la vie de ses citoyens de confession musulmane. Pour le royaume Saoudien, il s’agit néanmoins d’un point sensible. La grande question pour Riyad est de savoir comment réagira le monde arabe à cette nouvelle. En l’occurrence, les medias moyen-orientaux s’en donnent déjà à cœur joie et le ton diffère selon les courants. Certains que cela démontre les « relations étroites » entre les deux pays alors que d’autres perçoivent ce geste comme une preuve de la faiblesse de l’Arabie Saoudite face à Israël et aux Etats-Unis.

L’histoire d’une relation distante mais stable

Les relations entre Israël et l’Arabie Saoudite ont connu des hauts et des bas mais la proximité des deux pays avec les Etats-Unis a permis un dialogue discret depuis le début des années 90. Officiellement, le royaume saoudien ne reconnait pas l’existence d’Israël et en retour, Israël considère l’Arabie Saoudite comme un « pays hostile ». Il n’existe pas de relations diplomatiques officielles entre Jérusalem et Riyad, mais il est évident que le projet nucléaire Iranien ainsi que la poussée au Moyen-Orient d’un Islam impitoyable qui menace autant Israël que les monarques Saoudiens créent un premier terrain d’entente.

Il s’agit donc en effet d’une nouvelle historique, mais aucunement d’une nouvelle stratégique. Des diplomates Israéliens signalent qu’avec « toute la bonne volonté du monde, on ne transforme pas des relations quasi-inexistantes en amitié profonde en un jour ».

 

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