Je suis français et juif…pour combien de temps encore ?

La France est mon pays depuis des générations, plus de deux cents ans. Au gré des conquêtes allemandes et des guerres mondiales, mes ancêtres ont voyagé de l’est de la France vers la région parisienne. Jusqu’au début des années 2000, aucun membre de ma famille ne s’était établi en Israël. Par Francis Samuel

Ma famille est française, parfois dénoncée par des salauds français et souvent protégée par des femmes et des hommes français et braves. Je suis juif depuis toujours. Pas très pratiquant, mais profondément juif. Je l’ai toujours affirmé sans porter la kippa. Mon père qui avait vécu la guerre disait « israélite » plutôt que « juif », ou « temple » plutôt que « synagogue ». Moi j’ai toujours dit que j’était juif, que je faisais Kippour et Pessah (pas beaucoup plus), que j’allais à la synagogue.

Jamais je ne le cacherai mais il y a plus de risque à l’affirmer, à le vivre aujourd’hui : « couvrez votre kippa avec une casquette », « pas de Magen David en évidence », … les précautions, la peur remplacent la liberté.

Ces peurs sont bien sur liées à l’antisémitisme mais le problème est en France plus vaste. Peut-on dire qu’on est policier partout sans crainte ? Peut-on être pompier partout et intervenir sans la peur de voir une machine à laver nous tomber dessus pendant qu’on sauve des vies ? Est-il possible de voir un médecin dans certains hôpitaux sans la présence d’un vigile le protégeant ?

En Seine Saint-Denis (mais pas que), les juifs fuient. Les médecins aussi et les pompiers n’interviennent que défendus par des policiers harnachés et équipés comme des Robocop

Plus probable que ce soir je gagne au loto.

J’ai travaillé dans mon passé professionnel avec des experts en sûreté. En 1993, un « pro de chez pro » de ce domaine me dit : « dans 10 ans, il y aura 50 000 personnes qui vivront en France dans des zones de non-droit ». Combien en 2018 ? Courbe exponentielle ?

La violence, le droit à tout faire, tout prendre sont érigés en Valeur Suprême. On vole, frappe, tue tout ce qui passe à portée de main à commencer par les juifs parce que certains gauchistes y collent le verni de l’antisionisme. Mais cette violence dépasse l’antisémitisme. Elle est la conséquence d’un laisser faire politique, d’un laisser faire judiciaire.

Je doute que « l’emballement du carnage » puisse être stoppé. Police de proximité. Le retour de la croissance ? Plus probable que ce soir je gagne au loto.

La France est mon pays mais ce ne sera peut-être plus le cas un jour. Et je serai toujours juif.

Israël, peut-être ? C’est beau, on aime bien les juifs et j’admire le talent des femmes et hommes qui en 70 ans ont accompli tant et tant.

Ailleurs peut-être. Il y a encore quelques pays qui nous veulent du bien.

Mais je dois d’abord protéger mes enfants, mes merveilles avant d’envisager le départ.

Francis SAMUEL

3 pensées sur “Je suis français et juif…pour combien de temps encore ?

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    29 janvier 2020 à 18 h 18 min
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    cet article pose une question tout à fait singulière : « Peut-on dire qu’on est policier partout sans crainte ? » Ma foi tant qu’il y aura des hommes, libres, et aussi des femmes libres j’espère bien que l’on ne pourra pas dire que l’on est policier sans éprouver une légitime appréhension…

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    29 janvier 2020 à 18 h 46 min
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    (l’auteur de l’article n’engage absolument que lui-même : ainsi le 15 avril 2009 le Palais de l’Elysée a reçu une demande de répudiation de la nationalité française qui était en fait irrecevable dans son principe car les deux parents du demandeur étaient français, et que la loi n’a pas le droit de créer des apatrides. Mais même si elle est restée sans réponse on espère qu’ils s’en rappelleront, les « bons français », du courrier qui leur a été adressé)

    à
    Présidence de la République Française
    Palais de l’Elysée
    55, rue du Fbg St-Honoré
    75008 Paris

    (LRAR, et copie simple)

    OBJET : demande de répudiation de la nationalité française

    Suite à ma précédente je confirme que dans une situation qui n’aura cessé de puer l’antisémitisme le plus crasse mais dans laquelle la République n’aura cessé de se permettre, à mon égard, ce que même le régime de Vichy ne se fût pas permis : le Conseil d’Etat, « après avoir entendu » (sic) le nommé Yves SALESSE, Conseiller d’Etat, et le nommé Julien BOUCHER, Rapporteur public, a accordé un caractère de légalité au jeu d’écritures par lequel je suis privé de mon poste de fonctionnaire.
    On aimerait pouvoir n’incriminer que cette seule officine mais il convient de rappeler que c’est pour TOUS les magistrats, et TOUS les hauts-fonctionnaires ayant eu à connaître de ce dossier, que : le mensonge, le faux et la fraude, et la pure et simple violation du Droit auront relevé du tic de comportement.

    S’il va de soi qu’à aucun endroit de mon action contre la puissance publique je ne me suis prévalu de ma nationalité, et n’avais pas à le faire puisque les droits du monde du travail valent pour chacun : je ne souhaite pas, à titre personnel et privé, rester plus longtemps citoyen d’un pays qui me traite ainsi.
    J’estime par ailleurs caduques les raisons pour lesquelles mon père Alexandre (croix de guerre 1939-1940) fit le choix d’émigrer dans ce pays, puis risqua ensuite sa vie pour que celui-ci reste un Etat républicain, à l’heure où en Hongrie des Sarközy de Nagy-Bocsa faisaient… je ne sais quoi.

    POUR CES DEUX MOTIFS j’ai l’honneur et par la présente de solliciter la répudiation de ma nationalité française.

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    31 janvier 2020 à 9 h 46 min
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    Juif pour Toujours , Français jusqu’à la fin de la diaspora et la GUEOULA CHELEMA

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