Soudain, de jeunes arabes s’effondrent sur la place Dizengoff

Sur la bourdonnante place Dizengoff de Tel Aviv, samedi après-midi, une douzaine de jeunes ont soudainement commencé à s’effondrer lentement et théâtralement. Choc et confusion des badauds.

Ce sont de jeunes arabes qui se promènent à Tel-Aviv. Soudain, ils s’effondrent devant des passants médusés. « Cela vous a-t-il effrayé? », a demandé Mohamed Jabarin, organisateur de flash mob, à ceux qui regardaient. Il s’est empressé  ensuite d’expliquer la manœuvre. Il s’agit d’attirer l’attention sur la vague de violence au sein de la communauté arabe d’Israël. Jabarin  reproche aussi à la police de ne pas avoir réussi à lutter contre ce phénomène.

Au moins 24 citoyens arabes israéliens ont été abattus cette année, principalement par des assaillants inconnus de leurs villes et villages. Les fusillades et règlements de compte, le plus souvent liées à la criminalité et aux gangs, sont devenues un problème essentiel pour la minorité arabe. C’était d’ailleurs le thème principal des partis arabes avant les élections nationales du 23 mars.

Les jeunes arabes lancent un message à la police et aux députés arabes

Les manifestations dénonçant la violence se sont multipliées ces dernières semaines. La  frustration et la colère, ressenties par la communauté arabe se sont notamment illustrées avec des dizaines de milliers de personnes à Umm al-Fahm et dans d’autres villes arabes.

A travers ces flashmobs au cœur des villes juives israéliennes, les arabes israéliens tentent de sensibiliser le reste de la population. Les autorités locales et les élus des municipalités arabes ne parviennent pas à juguler le phénomène. Dans une moindre mesure, les manifestants reprochent aux députés arabes de la Knesset de se désintéresser complètement de la situation.

« Tout ce qui les intéressent, c’est le conflit israélo-palestinien », lance Djamal, l’un des jeunes arabes présent sur la place Dizengoff. « Pendant que nos élus mènent ce combat, nos frères s’entretuent dans nos propres villes en Israël », et les députés (arabes) s’en contrefichent », déplore-t-il.

Les manifestants accusent aussi la police de fermer les yeux sur la violence inter-arabe. Selon eux, la situation actuelle résulte de la pauvreté et des années de sous-investissement dans leurs communautés minoritaires.

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