Roch Hachana, un mois après la mort de mon fils

Voici un message poignant, reçu par la journaliste Sivan Rahav Méir.

«Bonjour Sivan, c’est moi, Hagit Rein. Il y a 14 ans, le soir de Rosh Hashana, je me préparais à allumer les bougies. C’était environ un mois et demi après que mon fils, Benya Rein, soit tombé pendant la Seconde Guerre du Liban.

Devant les bougies de la fête on récite aussi la bénédiction cheheheyanou,  » toi qui nous a permis de vivre, de subsister et nous a amenés à ce jour » je me tenais là et je sentais que je ne pouvais pas vraiment dire cette bénédiction sincèrement. Je voulais dire cette bénédiction du fond du cœur, et je sentais que ce serait faux.

Quel sens avaient pour moi les mots «qui nous a permis de vivre»? Que mon fils avait été tué? Je me tenais devant les bougies les larmes aux yeux. J’ai prié d’avoir la force et le discernement nécessaires, pour que je puisse dire cette bénédiction dans la joie.

J’ai senti mon cœur s’ouvrir et j‘ai crié

Après un moment qui m’a semblé une éternité, j’ai soudain regardé autour de moi. J’ai vu nos sept enfants, nos gendres, nos belles-filles, les petits-enfants, et j’ai soudain réalisé: oui, tu nous a permis de vivre. Je dois dire merci pour tout ce qui «existe». Pour l’abondance de ma vie, ce qui n’est vraiment pas évident.

J’ai senti mon cœur s’ouvrir et j’ai crié:  » Toi qui nous as permis de vivre, de subsister et qui nous a conduit à cette époque »! Il me semble que j’ai été entendue jusqu’à Qalqilya … ( La ville proche du village – ndt).

J’essaie de faire en sorte que ce que j’ai compris à ce moment là ne passe pas, mais devienne une vision du monde. Je souhaite que nous puissions tous relever la tête cette année également, voir le bien aussi au milieu de la crise , et nous réjouir d’être arrivés, vivants et bien, pour Rosh Hashana 5781.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *