Rivalités Islam/Occident: rien de nouveau sous le soleil

 

 

   Au XXIème siècle, l’Occident semble découvrir les causes et les effets de l’immigration, une immigration, aujourd’hui arrivant majoritairement des pays musulmans. Une vision plus large de l’histoire montre que ces mouvements de populations ne sont ni récents ni fortuits. Par Yehouda DJAOUI.

Aurait-on oublié les migrations inverses créées par la colonisation, une migration de population à majorité chrétienne accompagnée de troupes militaires et de missionnaires chrétiens chargés d’évangéliser les populations autochtones. En réalité, la rivalité entre l’Islam et la Chrétienté est ancienne. Elle a, de fait, débuté avec la naissance de l’Islam.

Au VIIème siècle, alors que l’Occident chrétien entrait dans la longue léthargie du Moyen Age, les armées de l’islam partaient non seulement pour conquérir d’immenses territoires à l’est et à l’ouest de l’Arabie mais aussi pour convertir à l’islam les populations occupées. Ce double objectif, prise de territoires et devoir de conversion est une constante de l’islam valable encore de nos jours. Des 717, le Pacte d’Umar exigeait des chrétiens en autres :

– Ils ne doivent pas construire de nouveaux monastères, églises ou cellules de moines dans leurs villes et leurs alentours.

– Ils ne doivent pas empêcher les membres de leurs familles de se convertir à l’islam s’ils le souhaitent.

– Ils ne doivent pas porter de rameaux le dimanche des Rameaux……

L’Islam, pas seulement une religion

L’islam n’est pas seulement une religion au sens strict du terme, c’est une foi, une loi et un droit. Ces principes s’imposent évidemment à tous les musulmans mais là où le bât blesse c’est que l’islam prétend les étendre aux autres qui d’après ces principes seront tous, un jour ou l’autre soumis à cette religion ! Les idolâtres doivent être convertis où mourir, seuls les chrétiens et les juifs, ne sont pas convertis de force mais soumis au statut de dhimmi, un statut discriminatoire associant abaissement et humiliation assorti d’un impôt particulier appelé djizia.

A cette époque, l’islam fort et guerrier était synonyme de civilisation par rapport aux infidèles chrétiens considérés comme des barbares !

Certes, tout le monde la célèbre date de 732, date à laquelle Charles Martel brisa le projet musulman de conquérir la Gaule.

Plus tard, ce sont les Croisades, ces expéditions militaires organisées par l’Eglise qui vont être une réponse à l’invasion de l’Empire Chrétien d’Orient.

Ainsi, au djihad islamique succèdera la guerre sainte chrétienne qui aboutira à la Reconquista et à ses exactions. Rappelons le décret infame dit de la Pureté du sang pour extirper d’Espagne les héritages musulmans et…juifs.

Souvenons-nous, aussi de l’Inquisition de triste mémoire imposant la foi chrétienne aux juifs par la force des tortures et des buchers et   l’expulsion totale des musulmans d’Espagne en 1502.

Plus tard, la roue de l’histoire tournera encore avec la naissance et l’expansion de l’empire Ottoman qui s’arrêtera aux portes de Vienne et se soldera par son dépeçage par la France et la Grande Bretagne à la suite de sa défaite lors de la guerre de 14-18.

Le réveil de l’islam

Aujourd’hui, la roue tourne encore ! Avec la fin de l’impérialisme occidental, on assiste au réveil de l’islam, de l’islam des origines fidèle à sa tradition d’expansion territoriale et à son devoir sacré d’islamiser les populations. Les prières de rue, la multiplication du nombre de mosquées et la succession des épisodes sur le voile, la burka et autres provocations qui font l’actualité sont dans le droit fil de la démarche conquérante de l’islam.

Ce survol historique, loin d’être exhaustif illustre bien la succession des rivalités entre l’islam et l’occident jusqu’à nos jours. Il permet aussi de comprendre le contraste actuel entre le retour à la radicalisation des musulmans fidèles à l’islam des origines et l’occident partagé entre l’attachement à sa source chrétienne et une vénération pour la laïcité, nouveau credo des humanistes en mal de spiritualité.

C’est dans contexte de rivalités successives que les juifs réduits à l’état de fossiles de l’histoire, ces parias méprisés aussi bien en islam qu’en occident, ces juifs humiliés vont voir, leurs espérances récompensées après 2000 ans d’errance. La renaissance de l’Etat d’Israel, miracle du XXème siècle, vient s’insérer de ce cycle des rivalités séculaires entre l’islam et l’occident.  Qui aurait pu penser que 600.000 juifs venus des mondes chrétiens et musulmans pourraient créer un état sur les décombres du Mandat britannique et vaincre les armées de cinq états musulmans, au grand dam du monde entier ?

Le combat de l’occident

Depuis plus de deux décennies, je n’ai cessé de dire et d’écrire que le combat d’Israël contre ses ennemis n’était que la prémonition du combat que l’occident allait devoir mener contre l’expansion de l’islam. Hélas, la critique incessante d’Israël associée à une tendance morbide au déni ont aveuglé l’Europe et particulièrement la France. Certains osent pourtant parler de guerre mais n’osent pas définir clairement l’ennemi, un ennemi subtil et patient, intelligent et instruit qui mène une guerre non plus sur des champs de bataille mais dans les rues, les quartiers et les villes.

Aujourd’hui, en tant qu’israélien de culture française, juif revenu à ses origines c’est avec tristesse que je vois le pays des droits de l’homme devenir la proie d’un islam toujours aussi conquérant. Certes il ne s’agit plus d’invasions militaires mais d’une immigration progressive sournoise, essentiellement jeune et masculine.

Aujourd’hui, les musulmans devenus citoyens des pays d’accueil, instruits dans les écoles et les facultés de la République utilisent une dialectique élaborée qui leur permet de défier ceux qui les ont accueillis. Ces nouveaux arrivants, fidèles à leur histoire, imposent peu à peu leur manière de vie ancestrale.

Les juifs, en revanche, ont toujours accepté la loi des pays d’accueil. On dit en hébreu, dina de malhouta, dina ; c’est-à-dire la loi du pays est la loi.

Vu d’Israël, tous ces débatteurs juifs ashkénazes ou sépharades se targuant de défendre la France avec plus de virulence que les français d’origine chrétienne nous semblent anachroniques voire hors sol.

La victoire de l’occident ne viendra pas des juifs de l’exil, elle viendra des occidentaux eux-mêmes revenus à leurs origines profondes et à leurs convictions ancestrales.

Les enfants juifs qui étudient la Bible hébraïque connaissent, dès leur jeune âge la notion de rivalité entre chrétiens et musulmans, elle est illustrée par les relations entre Ésaü et Ismaël, ils savent que l’histoire ce termine par la victoire d’Esaü sur Ismaël.

Lorsque l’Occident s’éveillera…l’Islam tremblera.

 

Yehouda DJAOUI

 

Du même auteur :

 

  • Insémination, l’espoir, Éditions Médiprint, 1979
  • La Rage de donner la vie, Éditions Encre, 1985
  • Israël la paix et les médias, Éditions Brit Chalom, Jérusalem, 1998
  • Le temps des confusions, Éditions Le Manuscrit, Prix WIZO Aviv, Jérusalem 2006
  • Israel, miroir du monde. Histoire d’une terre retrouvée. Editions Persée 2009.
  • Quand l’Occident s’éveillera…L’Islam raconté à l’Occident Editions Persée 2012

Yéhouda Djaoui

Yéhouda Djaoui

Ecrivain israélien. Auteur des livres - Israël, la paix et les médias. Editions Brit Chalom 1998. - Le temps des confusions. Editions Le Manuscrit 2006. - Israël miroir du monde. Editions Persée 2009. - Quand l’Occident s’éveillera…Editions Persée 2012 -Amnésie internationale. Editions Persée 2014.

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