Rapprochement Israël-Afrique. Les pays arabes en embuscade

Alors que le sommet Afrique-Israël n’a pas encore démarré, des divergences se font déjà sentir du côté de certains États africains censés prendre part à cette rencontre internationale que le Togo va abriter.

Israël-Afrique. Le N° 757 du 12 juillet 2017 du journal « La lettre du continent » fait une révélation. L’Organisation de la coopération islamique (OCI) ne digère pas cette initiative qui risque de rapprocher d’Israël ses alliés africains .

« Le pari israélien à haut risque de Faure Gnassigbé », c’est ce que titre La lettre du continent en écho aux divergences qui se font sentir sur le sommet qui aura lieu à Lomé du 24 au 26 octobre prochain. Selon le journal, cette initiative rend déjà fous de rage certains pays. « Le futur Sommet trace une ligne de fracture avec les pays musulmans du continent. Ces derniers devraient briller par leur absence pour éviter de froisser leurs partenaires arabes. Parmi eux, le Mali d’Ibrahim Boubacar Keïta, le Niger de Mamadou Issoufou, la Mauritanie de Mohamed Ould Abdel Aziz ou encore le Gabon d’Ali Bongo », lit-on.

Le même journal rapporte que plusieurs pays membres de l’OCI se plaignent auprès de l’Union africaine (UA). Ils souhaitent à défaut de l’annulation du sommet, des représailles contre le Togo. Autre précision du journal, la convocation du chargé des affaires du Togo a Ryad par le ministère saoudien des affaires étrangères.

La lettre du continent souligne cependant qu’une trentaine d’États ont déjà confirmé leur participation au sommet à l’instar du Congo de Denis Sassou Nguesso et du Rwanda de Paul Kagamé.

Israël va sortir le grand jeu

Le premier sommet Afrique-Israël qui se tiendra à Lomé fin octobre 2017 sera assurément l’occasion, pour l’Etat hébreu, de sortir le grand jeu pour faire changer d’avis même les pays qui affichent encore leur réticence à la nouvelle dynamique diplomatique entre les deux parties. Face à une conjoncture difficile, l’aide israélienne s’annonce comme une véritable bouffée d’oxygène pour bien des pays du continent qui peinent à poursuivre leurs grands chantiers de développement. D’autant plus qu’Israël a démontré sa capacité à répondre présent pour accompagner les pays africains dans leur quête d’émergence économique.

En plus aux aides bilatérale et multilatérale qui participeront à légitimer davantage le réchauffement des relations israélo-africaines, les pays du continent ne sont pas insensibles à la force de frappe financière et technologique des entreprises privées israéliennes. Une expertise que ces dernières ont acquise et surtout consolidée grâce à une présence certes peu visible, mais assez significative en Afrique. C’est en effet l’un des paradoxes des relations israélo-africaines : la rupture des relations diplomatiques avec l’Afrique n’a pas beaucoup impacté la coopération économique entre l’Etat hébreu et la majorité des pays du continent.

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