Qui s’oppose vraiment à la partition de Jérusalem ? (Première partie)

Pendant la campagne des élections législatives, les politiciens placent la question de Jérusalem au-dessus toutes les autres. Parce qu’ils savent l’importance que cette question revêt pour les Israéliens. Quelles sont les positions des politiciens sur la Sainte Cité pendant leurs années dans la fonction publique, ou au moment où ils entrent dans la vie publique ? En fait, Coolamnews vous propose en trois parties une enquête sur « qui a dit quoi » à propos de Jérusalem ? 

Le Rav Yakov Litzman, député du parti orthodoxe ashkénaze Judaïsme de la Thora, se souvient des conditions convenues avec Kadima en 2009, ouvrant la voie à son entrée dans le gouvernement Livni. C’était juste après l’élection de 2009, durant laquelle le parti de Tzipi Livni avait gagné un siège de plus que son adversaire du Likoud, Benjamin Netanyahou à la Knesset. Litzman notait les principaux points d’accord dans les négociations de coalition entre les deux partis. Ils n’ont jamais été matérialisés, mais Litzman garde la  trace des promesses reçues.

Rav Yaacov LitzmanRav Yaacov Litzman, Judaîsme de la Thora

« Les promesses financières que nous avons reçues d’eux étaient plus généreuses que celles de Netanyahou. La seule chose qui est restée non résolue était la question de Jérusalem. Les Rabbins ont exigé que je reçoive de Livni un document signé l’empêchant de négocier la partition de Jérusalem. Malgré son immense désir de former une coalition, elle a refusé. » Litzman a donc choisi de s’associer à Netanyahou, qui avait déclaré devant le plénum de la Knesset qu’il ne négocierait jamais sur Jérusalem. La décision de Litzman a ouvert la voie à la seconde coalition de Netanyahou.

twipi livni 2L’ex ministre de la Justice, Tzipi Livni

Litzman rappelle cette histoire lors de ses conversations avec les députés du Likoud. La Commission ministérielle sur la législation avait soutenu un projet de loi parrainé par Litzman connu sous le nom « loi de sauvegarde de Jérusalem. » Au sein de la commission, les représentants du Likoud et du parti de Naftali Bennett, Habayit Hayehudi, avaient voté en faveur de cette loi. Livni, alors ministre de la Justice et négociateur de paix du gouvernement, était furieuse. Elle a averti Netanyahou qu’elle quitterait la coalition si la proposition n’était pas écartée

Netanyahou savait que les déclarations publiques et les obligations internationales étaient des entités mutuellement exclusives. Il a hérité de l’acquiescement de ses prédécesseurs  pour la partition de Jérusalem, comme stipulé par les accords d’Oslo de 1993, selon lequel les Israéliens et les Palestiniens s’engageaient à négocier la partition de la capitale dans le cadre des pourparlers sur le statut final.

bennett et natanyahouNaftali Bennett et Binyamin Netanyahou : coalition de 2009

Le Premier ministre a alors décidé que la stabilité de sa coalition était plus importante. Mais il n’était pas le seul à le penser. Lorsque le projet de loi a été présenté à la Knesset en première lecture, les députés du Likoud et de Habayit Heyhudi ont quitté le plénum, s’abstenant de voter. Le projet de loi est mort juste à ce moment-là. Cette fois, c’était au tour de Litzman de fulminer.

Maintenant, avec les élections, la question de Jérusalem est plus actuelle. Au milieu de tous les bavardages, il est difficile de distinguer entre les faits et la propagande. Il ne fait aucun doute que, depuis le deuxième gouvernement de Rabin et de la signature des Accords d’Oslo, chaque Premier ministre a eu des entretiens avec les Palestiniens et les Américains sur le sort de Jérusalem. Les exigences de la diplomatie internationale, que les architectes d’Oslo ont imposée aux Premiers ministres, les obligeaient à le faire.

osloLa signature des Accords d’Oslo

La vraie question n’est pas de savoir s’il y a des négociations sur Jérusalem. En effet, la vraie question est la substance de ces pourparlers. Jusqu’à quel point a été chacun des chefs de parti qui placent Jérusalem au sommet de leur campagne – ou de leur agenda ? Lesquels sont prêts aujourd’hui à diviser Jérusalem ou à renoncer à des parties de celle-ci ? Et qui a adhéré à la position israélienne traditionnelle, qui selon les sondages continue de bénéficier du soutien d’une majorité de la population juive, excluant toute partition de Jérusalem ou de concessions d’aucune sorte dans la capitale ? Demain, nous continuerons à vous apporter les réponses de certains dirigeants politiques.

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