Que savons nous du multimilliardaire Roman Abramovitch ?

« Enfance fracassée » – « Destin impossible », voilà matière à écrire un bon roman. Ou peut-être même un polar épicé à souhait inspiré du parcours extra-ordinaire d’un Roman Abramovitch, un méchant feuilleton qui commencerait par mettre un jeune enfant devant la pire épreuve qu’il puisse subir. Une odyssée russo-israélienne qui dénoncerait en se pinçant le nez son immense fortune, ce semblant de bonheur impossible pour qui sait que jamais aucun bien matériel ne pourra remplacer un affect atrocement blessé.

Né le 24 octobre 1966 à Saratov en Union soviétique d’une mère chrétienne et d’un père juif, celui qui deviendra le richissime Roman Abramovitch, commence sa jeune vie par le pire :Sa mère meurt d’une septicémie alors qu’il n’a que 18 mois et son père disparait à peine deux ans plus tard, écrasé par l’effondrement d’une grue…

Trop c‘est trop !

Il est alors recueilli à Moscou par un oncle paternel, puis par un autre chez qui, élevé dans la tradition juive, il poursuit des études sans grande conviction ! Ce qui ne l’empêchera pas après avoir fait son temps règlementaire dans l’armée soviétique, de réintégrer le prestigieux « Institut du pétrole et du gaz de Moscou », où il obtient un diplôme de pétrochimie…

Comment a-t-il fait fortune ?

Comme les autres oligarques, ces bénéficiaires d’un système mis en place du temps de la Russie post-communiste qui leur permit de s’approprier partie des richesses nationales et conséquemment un grand pouvoir économique.

En particulier dans le cas du jeune Roman qui réussit l’exploit de revendre la compagnie « Sibneft » au géant « Gazprom » pour 13 milliards de dollars sous l’œil amusé d’un pouvoir, pourtant plus souvent qu’à son tour, impitoyable à l’égard des affairistes russes.

Et Roman est bien un homme d’affaires d’importance, un ancien gouverneur du district autonome de Tchoukotka, un oligarque multimilliardaire, (En août 2018, avec une fortune estimée à 11,7 milliards de $, il se retrouve à la 140ème place de la liste des hommes les plus riches du monde.).

Donation à 6 chiffres en $

Mais un homme qui sait faire le bien autour de lui, même s’il se permet de temps en temps le plaisir de s’offrir une « danseuse », tels une somptueuse propriété de 80 hectares sur la riviera française dotée d’un parc riche d’au moins 1200 oliviers, cyprès, citronniers, orangers… ou l’achat en 2003 du Chelsea FC, club de première division anglaise de football qu’il fera se hisser au rang des plus grands clubs européens.

Pas moins de 20 millions de $ par-ci, donation à 6 chiffres en $ par là et plus encore, voilà qui s’appelle être généreux… Ainsi Roman Abramovitch a-t-il donné 20 millions de dollars pour la construction d’un centre de médecine nucléaire situé à Ramat Gan, une nouvelle structure faite pour accueillir un cyclotron, un accélérateur de particules capable de cibler et tuer les cellules cancéreuses en utilisant des faisceaux ioniques radioactifs, un type de thérapie par proton, un « cartouche magique » dans la mesure où le faisceau de variations ciblées ne nuit qu’un petit minimum aux tissus sains qui jouxtent la tumeur cancéreuse.

Ainsi Roman Abramovitch a-t-il fait une gratification d’un montant à six chiffres à l’organisation caritative israélienne « Fulfilling Dreams » fondée et dirigée par un certain Guilad Salter. Une espèce de « G O », (Gentil Organisateur), qui s’est donné pour mission d’accompagner des enfants gravement malades mais passionnés de football pour leur permettre d’assister à quasi tous les événements majeurs en la matière, à travers la planète.

Les projets de Roman Abramovitch ne s’arrêtent pas là.

Il ne s’intéresse pas seulement à faire le bien autour de lui en véritable monnaie sonnante et trébuchante. On peut toujours rêver ! Le propriétaire du Chelsea ne peut accepter que supporters et Blues confondus se traînent une des pires réputations (quoique parfaitement justifiée), du football anglosaxon.

Et c’est la recherche du meilleur moyen pour faire cesser toutes les manifestations antisémites que s’octroie ce bien vilain petit monde. Et c’est l’idée de commencer par sensibiliser ces acteurs à l’horreur nazie, décider d’en finir avec ces attitudes déplacées prises avec un malin plaisir durant tous les matchs, qu’ils aient lieu à domicile, au Stamford Bridge ou à l’extérieur.

Pour ce faire, le patron du club londonien s’est mis en tête le plus sérieusement du monde d’envoyer ces gens « du côté d’Auschwitz » pour une approche historique et symbolique de ces lieux afin de les sensibiliser au génocide perpétré par le criminel régime nazi lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Quoique septiques devant les marques d’une recrudescence manifeste d’un antisémitisme plus virulent que jamais… Espérons, espérons, espérons !

Mais si la « vraie vie » se mettait à ressembler au plus beau des contes de fées ?

Voilà qui n’est pas le fait d’un russe ordinaire que devenir officiellement citoyen israélien en se posant dans son avion privé sur une piste réservée de l’aéroport Ben-Gourion par un beau matin tandis que le soleil semble se lever tout exprès pour lui et qu’une immense villa l’attend dans le quartier fabuleux de Neve Tzedek à Tel-Aviv !

Gageons pourtant que l’homme qui vient de débarquer, ce géniteur de sept enfants issus de 2 de ses 3 unions, l’adulte que l’on peut espérer, malgré tout, comblé par la vie, ne peut s’empêcher de penser au petit Roman Abramovitch, ce malheureux enfant à qui la vie n’avait vraiment pas fait de cadeaux…

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *