Quand Laurent Joffrin compare les « migrants » aux Juifs américains

Dans un éditorial où il exprime son soutien à un accueil des migrants en Europe et en France, Laurent Joffrin a également fait un parallèle entre l’immigration juive aux Etats-Unis. Extraits.

« Ce sont quelques vers gravés dans le bronze, au pied de la statue de la Liberté dont la torche se dresse haut dans le ciel, à l’entrée du Nouveau Monde. Ils sont extraits d’un poème écrit en 1883 par Emma Lazarus, fille d’une famille de Juifs portugais installée à New York, révulsée par les pogroms russes et sûre que son pays serait le refuge des réprouvés. «Donnez-moi vos pauvres, vos exténués, qui en rangs pressés aspirent à vivre libres. […] Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m’apporte. J’élève ma lumière et j’éclaire la porte d’or !»

Les autorités américaines ont choisi cet hymne à l’accueil, à la compassion et à l’humanité pour donner une devise à la statue de Bartholdi, érigée en 1886 à l’initiative de républicains français. Elles y ont vu le symbole de leur nation, où se réfugiaient tant d’Européens chassés par la violence, la discrimination et la misère du Vieux Continent. L’Europe d’aujourd’hui, vers laquelle convergent aussi des légions de «pauvres et d’exténués», aura-t-elle le courage d’imiter l’Amérique ? Ou bien, en lieu et place de la statue de la Liberté, construira-t-elle un autre monument : une clôture de barbelés surmontée d’un mirador ? […] Chassés de chez eux par la violence, ces arrivants n’ont d’autre but que de se faire une petite place au soleil. Nombre d’entre eux, comme le montre le précédent yougoslave, retourneront dans leur pays une fois la paix civile revenue. »

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