Qatar : le compte à rebours est-il déclenché ?

Qatar : le compte à rebours est-il déclenché ?

☆☆☆☆☆

Par Mohamed Louizi

L’image contient peut-être : une personne ou plus

En réaction à la crise préoccupante déclenchée dans le Golfe, à l’aube de ce lundi 5 juin, correspondant au 10ème jour du mois de Ramadan, voici en 7 points mon analyse à chaud :

——————————————-

1- Le 10 Ramadan, un tournant …

——————————————-

Alors qu’un séisme diplomatique secoue les pays du Golfe, ni le site officiel de l’Élysée[1], ni celui du Ministère des Affaires Étrangères n’en a parlé pour l’instant[2]. Seul l’ambassadeur français au Qatar a publié un communiqué dans lequel il dit suivre « très attentivement l’évolution de la situation » et dit être « en contact avec les autorités qatariennes et avec nos partenaires européens notamment ». Il invite les ressortissants français résidant dans cet émirat « à consulter régulièrement le site de l’ambassade et à suivre son compte Twitter[3]»[4].

En cause, une décision coordonnée, de plusieurs monarchies du Golfe, de rompre leurs relations diplomatiques et consulaires avec l’émirat du Qatar.

Selon la SPA (Saudi Press Agency), l’Arabie Saoudite «a décidé de rompre ses relations diplomatiques et consulaires avec l’Etat du Qatar. Il a également décidé de fermer toutes ses frontières terrestres, ses ports maritimes et aériens, interdire le transit sur son territoire, espace aérien et maritime, et entamer les procédures juridiques pour une entente immédiate avec les pays frères et amis et les sociétés internationales, pour appliquer la même procédure, dès que possible, pour tous les moyens de transport à destination et en provenance de l’Etat du Qatar. Et ce, pour des raisons de sécurité nationale de l’Arabie Saoudite»[5].

———————————————————————————————–

2- Frères musulmans : le Qatar n’a pas respecté l’accord de Riyad de 2013

———————————————————————————————–

Ces décisions, poursuit la SPA, en citant une source officielle, trouvent leur justification dans les «violations graves commises par les autorités de Doha, en privé et en public, au cours des dernières années, visant à briser l’unité interne saoudienne ; inciter à se rebeller contre l’état ; compromettre sa souveraineté et accueillir plusieurs groupes terroristes et sectaires, visant à frapper la stabilité dans la région, les Frères musulmans, Daesh et Al Qaïda ; la promotion de la littérature et des programmes de ces groupes à travers ses médias en permanence ainsi que le soutien des activités des groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif, en Arabie Saoudite et dans le Royaume de Bahreïn ; le financement et l’accueil des extrémistes qui cherchent à frapper la stabilité et l’unité de la nation à l’intérieur et à l’étranger ; l’utilisation des médias qui cherchent à fomenter la sédition …»[6] !

L’Arabie Saoudite reproche au Qatar de ne pas respecter ses engagements et surtout les accords pris dans le cadre du CCG (Conseil du Coopération du Golfe) notamment le fameux «Accord de Riyad[7]» du 23 novembre 2013.

Ce non respect des accords, et plus particulièrement ses liens avec les Frères musulmans, avaient déjà poussé l’Arabie Saoudite en 2014 à rappeler son ambassadeur à Doha[8].

Aujourd’hui, le ton est monté sérieusement d’un cran.

D’autres pays ont décidé de faire comme l’Arabie Saoudite, parmi lesquels : le Bahreïn[9], le Yémen[10], la Libye[11], l’Égypte[12], la République des Maldives[13] et surtout les Emirats-Arabes-Unis, qui, selon la SPA, «prennent cette action décisive en raison de l’absence d’engagement des autorités qataries envers «l’Accord de Riyad» pour la restauration des ambassadeurs et l’accord complémentaire de 2014».

L’EAU, qui comme l’Arabie Saoudite[14], classe depuis 2014 les Frères musulmans parmi les «organisations terroristes»[15], reproche au Qatar de «poursuivre son soutien, son financement et son accueil des organisations terroristes, extrémistes et sectaires, dirigées par les Frères musulmans»[16].

Lire la suite

source : JForum