Plutôt macho ? Les chercheurs israéliens ont une mauvaise nouvelle…

 

Les hommes qui perçoivent la maternité et la sexualité des femmes comme s’excluant mutuellement assument une idéologie patriarcale et sont moins satisfaits dans leurs relations  de couple. Telles sont les conclusions d’une étude menée par le Dr. Nurit Shnabel et les chercheuses Orly Bareket et Rotem Kahalon de l’Ecole des Sciences psychologiques de l’Université de Tel-Aviv en collaboration avec le Dr. Peter Glick de la Lawrence University aux Etats-Unis, sur les implications de la dichotomie  Madone – Putain chez les hommes hétérosexuels.

Vous êtes plutôt macho? Lisez ceci. Selon les chercheurs, une meilleure connaissance des motifs sous-jacents à cette dichotomie pourra aider à favoriser des relations hétérosexuelles plus satisfaisantes en stimulant les interventions tendant à réduire les attitudes de sexisme et de domination sociales et à promouvoir l’empathie et le respect envers l’autre.

L’étude a été publiée la semaine dernière dans la revue Sex Roles.

« La dichotomie Madone – Putain (MWD, Madonna Whore Dichotomy) dénote une perception polarisée de la femme, vue soit comme une Madone ‘bonne’, chaste et pure, soit comme une prostituée ‘mauvaise’, débauchée et séductrice », expliquent les chercheurs. En d’autres termes, le complexe Madone-Putain implique que les caractéristiques de désirabilité / liberté sexuelle et de pureté / bonté maternelle s’excluent mutuellement chez les femmes.

Un désir de renforcer le système patriarcal

L’origine de cette théorie se trouve chez Freud, qui explique cette division par l’anxiété des hommes envers la sexualité féminine, qui les conduit à distinguer entre les femmes qu’ils admirent et respectent (la Madone) et celles qui les attirent sexuellement mais qu’ils peuvent dégrader (la Putain), pour apaiser leur dichotomie entre leur besoin d’affection et leur désir sexuel. Mais, expliquent les chercheurs, la théorie féministe suggère que cette dichotomie découle d’un désir de renforcer le système patriarcal.

108 Israéliens hétérosexuels, dont 77% de moins de 30 ans et 55% de célibataires, ont participé à l’étude, remplissant des questionnaires sur la manière dont ils perçoivent la sexualité de la femme, la coexistence possible du sexe et de la maternité, et la valeur morale des femmes par rapport à leur expérience sexuelle

Exemples d’assertions que les participants devaient évaluer: « Les femmes qui s’intéressent au sexe et sont très libérales sont souvent problématiques en termes de personnalité »; « Une femme sexy n’est généralement pas une bonne mère »; « Les femmes qui se livrent à leurs désirs sexuels sont généralement manipulatrices et égoïstes »; « Une femme avec qui vous pouvez établir une relation à long terme (comme le mariage) n’a généralement pas beaucoup d’expérience sexuelle »;  » Une femme qui a été sexuellement libre dans le passé ne sera jamais fidèle dans le mariage »; « Celle qui est sexuellement modeste est généralement une femme qui a des valeurs »; « Une femme apte à une relation à court terme ne convient généralement pas pour une relation à long terme, et vice versa »; « Quand un homme aime vraiment une femme, sa passion sexuelle envers elle disparaît ».

 Insatisfaction chronique dans les relations amoureuses

Les chercheurs ont d’autre part évalué les conceptions des participants par rapport aux structures sociales hiérarchiques en général et à la domination masculine en particulier. On leur a par exemple demandé s’ils pensaient que les femmes voulaient dominer, comment ils évaluaient les rôles et les relations hommes-femmes actuelles, et vérifié leur propension à l’objectification sexuelle des femmes et leur sentiment de protection ou de paternalisme à leur égard. Enfin, les participants ont également répondu à des questions sur l’état de leurs relations et de leur vie sexuelle.

L’analyse des résultats a révélé une association entre l’adhésion à la dichotomie Madone- Putain et à l’idéologie patriarcale, caractérisée par l’orientation à la dominance sociale (préférence pour les structures sociales hiérarchiques), la justification du système sexospécifique (désir de maintenir le système des sexes existant) et les attitudes sexistes (sexisme bienveillant ou hostile, objectivisation sexuelle des femmes et double standard sexuel).

Les hommes en faveur de la domination mâle ont montré une plus grande tendance à considérer les femmes comme soit sexuellement pures, vertueuses et bonnes, soit comme dévergondées, manipulatrices, et mauvaises. Ils étaient également plus enclins à objectifier sexuellement les femmes, à adopter un double standard accordant à l’homme plus de liberté et d’initiative sexuelles qu’à la femme, et à adopter une attitude sexiste bienveillante envers celles qui se conforment aux rôles féminins traditionnels (par exemple en prenant soin d’elles).

En outre, l’adhésion au schéma Madone-Putain est liée à une insatisfaction des relations amoureuses chez les hommes, qui se sentent constamment menacés dans leur virilité et anxieux de la défendre. « Ces hommes éprouvent des difficultés à ce sentir attirés par les femmes qu’ils aiment, et à aimer celles par qui ils se sentent attirés sexuellement, ce qui les conduit à une insatisfaction chronique dans leurs relations amoureuses », explique Orly Bareket.

Des implications négatives pour le bien-être des deux sexes

Ces résultats viennent renforcer les théories féministes selon lesquelles le système  patriarcal a des implications négatives pour le bien-être des deux sexes, à la fois en restreignant l’autonomie des femmes, et en nuisant aux relations les plus intimes entre les hommes et les femmes.

Selon les chercheurs, une meilleure connaissance des motifs sous-jacents à la dichotomie Madone-Putain et de ses coûts psychologiques pourra aider les praticiens (par exemple, dans les thérapies de couples), de même que le grand public, à favoriser des relations hétérosexuelles plus satisfaisantes en stimulant les interventions tendant à réduire les attitudes de sexisme et de domination sociales et à promouvoir l’empathie et le respect envers l’autre.

SOURCE: Site de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv

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