Plan Trump. Les Palestiniens ont choisi les bons ennemis

 

Comme cela a été le cas pour ses prédécesseurs, le plan de Trump n’est peut-être pas plus susceptible d’aboutir à un accord, mais il dissipe les fictions empoisonnées qui ont retardé les négociations pendant des décennies. Par Rony Akrich

Il convient de noter que certains des critiques les plus sévères, du nouveau plan de paix israélo-palestinien de Donald Trump, parmi eux, beaucoup sont ces mêmes «experts» du Moyen-Orient ayant travaillé dans les administrations Clinton et Obama. Ces mêmes personnages sont derrière les pressions catastrophiques ayant abouti à plus de désespoir, d’intifada et d’extrémisme. Ces professionnels de la paix ont réussi à entrainer le public israélien contre toutes négociations, même les plus abstraites, car, inévitablement, elles aboutissent au feu et au sang.

Comme pour les précédents, il est peu probable que le plan américain réussisse. Mais c’est la meilleure offre jamais faite depuis 70 ans, car il ne fait aucune fausse promesse. « Trump présente un plan de paix au Moyen-Orient qui favorise fortement Israël », titrent les medias occidentaux.

C’est faux.  Le plan privilégie la réalité, établissant la seule voie plausible vers un nouvel État palestinien. Baser les négociations sur les délires palestiniens a été, est et sera, une perte de temps dangereuse car jamais le « droit au retour » des réfugiés en Israël, ne leur sera accordé.

Voilà la réalité

Une telle politique détruirait le caractère Hébraïque de l’État. La situation des émigrés est un scandale de plus de 70 ans, une fabrication préméditée du monde arabe dans lequel des milliers de Palestiniens furent condamnés à la pauvreté afin qu’ils puissent être utilisés comme une cravache dans la lutte de propagande contre Israël.

Les Palestiniens ne récupéreront jamais la maison de leur arrière-grand-père à Yafo, pas plus que les centaines de milliers de Juifs séfarades, expulsés des terres musulmanes après la guerre d’indépendance d’Israël de 1948, ne récupéreront leurs biens. La différence est que l’un de ces groupes a accepté la réalité depuis longtemps.

Les Palestiniens ne prendront jamais non plus le contrôle de Jérusalem proprement dit. Tout politicien israélien qui aborde la question et tente de remettre le centre névralgique de l’identité culturelle, religieuse et politique juive au Fatah se livre à un suicide politique.

Les Palestiniens n’ont jamais administré Jérusalem et ils n’ont aucune revendication légitime sur la ville. La situation actuelle est le statu quo, que les Palestiniens décident ou non de vouloir un État.

De même, les Israéliens ne reculeront jamais aux lignes d’avant 1967, abandonnant leur droit légitime à la Judée-Samarie, car aucune nation saine ne rétablirait des frontières non sécurisées à côté d’un état terroriste potentiel et peu fiable.

La grande majorité des Israéliens, qui résident maintenant dans des villes et villages construits au sein de territoires historiquement hébraïques, ne seront certainement pas déplacés parce que les Nations Unies ou toute autre personnalité politique affirmeraient ces terres: zones non juive. Ces villes font partie d’une frontière de facto, que les Palestiniens acceptent ou non un accord.

Enfin, il n’y a aucune raison  pour Israël, démocratie libérale responsable de la sécurité de ses citoyens, de céder la vallée du Jourdain, une zone d’une immense importance stratégique quelle que soit la situation palestinienne, à un État nouvellement créé.

Une carte

Tous le savent, mais précisons combien ce nouvel état engagera des politiques peu recommandables et finalisera l’idée d’un gouvernement d’union avec le Hamas, groupe terroriste théocratique, et autres mouvances islamistes. Pour le moment, seul le statu quo, où Israël assume officiellement sa souveraineté sur la vallée du Jourdain, reste probant.

Le plan de Trump codifierait simplement ces réalités tout en permettant aux Palestiniens d’avoir enfin un état en devenir. Il est le premier à proposer une carte indiquant à quoi pourraient ressembler les frontières finales de cette nouvelle entité. Dans ce document, Israël leur cède environ 70 pour cent du territoire contesté en Cisjordanie, mais double globalement son territoire ancestral. «La capitale souveraine de l’État de Palestine», précise le plan, serait formée de trois  quartiers de «Jérusalem-Est».

En retour, les Palestiniens reconnaîtraient l’existence d’Israël, accepteraient de résoudre leur problème de réfugiés par l’intégration dans leur nouvel État et dans les pays arabes hôtes et renonceraient au terrorisme.

En d’autres termes, il leur serait demandé de se comporter comme tout État normatif  et fonctionnel. Les États-Unis injecteraient également 50 milliards de dollars dans ce nouvel État.

Bons ennemis, mauvais gouvernants

Les Palestiniens ont choisi les bons ennemis, ils ont juste les mauvais gouvernants. Le président Mahmoud Abbas n’a pas fait face à un électorat depuis 13 ans et ce n’est pas fini. Son titre de «président» suggère faussement qu’il soit le dirigeant dûment élu d’une nation. Et bien que ce soit de sa faute, Abbas et ses députés décideront, sans aucun doute, de s’asseoir dans leurs demeures financées par l’ONU pendant que le peuple palestinien souffre, et d’attendre du président Trump des conditions plus avantageuses, ou, peut-être d’un président plus amical à l’avenir.

Mais ils n’ont rien à attendre d’Israël, une nation dotée d’une économie ouverte et dynamique n’ayant aucune raison de conclure un accord qui compromettrait sa sécurité. La plupart des Israéliens ne sont pas obsédés par les Palestiniens.

L’existence d’Israël ne dépend pas de la création d’un tel État, mais particulièrement de deux données essentielles: sa défense nationale à l’extérieur et sa justice sociale à l’intérieur.

Nos voisins arabes

En fait, Israël ressent, vraisemblablement, moins de pression que jamais pour conclure un accord, quiconque a suivi les derniers événements comprend l’importance historique de la présence de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d’Oman à la Maison Blanche lors de la présentation du plan de paix.

Les nations arabes se réconcilient avec la réalité de l’État Hébreu comme les biens pensants américains et européens n’ont jamais eu l’honnêteté de le faire. Il n’y aura pas non plus de pression politique interne pour galvauder l’affaire du siècle, quant au devenir d’Israël.

Benny Gantz, le leader du parti « bleu blanc » et principal rival de Benyamin Netanyahu, a « célébré », de son côté, le plan Trump parce que, malgré l’effort de la gauche américaine pour faire de Netanyahu le seul obstacle à la paix, aucun grand parti israélien, ni à droite, ni à gauche, ne pourrait accepter un droit au retour pour les réfugiés, un retrait aux lignes d’avant 1967 ou la non centralité de Jérusalem.

Dans le passé, les négociateurs palestiniens n’ont jamais élaboré leur propre plan de paix, ni aucun accord qui ne dépendrait pas de la capitulation complète d’Israël.

Ils ont systématiquement refusé, et rejeté, tous les plans de paix élaborés, peu importe l’origine et les conditions.

Ils ont sans cesse revendiqué plus et plus encore tandis que les dirigeants de tous bords tentaient de les pacifier.

Il était temps d’injecter une dose de réalité politique et de morale historique dans cette situation. Le plan de Trump permet aux Palestiniens d’avoir un État dans le monde qui existe. Néanmoins la ‘vox populi’ palestinienne exprime, majoritairement, son refus de toute souveraineté, et indépendance sous l’égide d’une autorité palestinienne corrompue et non élue.

Thank’s Mister Président!

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

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