Opinion. Netanyahou se fait-il le porte-parole du peuple ou veut-il le séduire par des déclarations éclatantes ? Par Ilan Saada

La nouvelle représentante des Affaires étrangères de l’Union européenne, Federica Mogherini, a été reçue en Israël par son homologue du gouvernement israélien, Avigdor Lieberman et par le Premier ministre. Celui-ci n’a pas été tendre avec la porte-parole de l’UE…

Tandis que Lieberman déclarait à Federica Mogherini dans une conférence de presse commune que les Israéliens étaient prêts à reprendre les négociations avec les Palestiniens, Netanyahou lui affirmait : « Les territoires ne sont pas la cause des émeutes en Israël, ni celui du conflit qui nous oppose au Palestiniens, mais c’est notre présence sur cette terre qu’ils combattent, ainsi que la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif. Et contrairement à ce que pense le monde, Jérusalem n’est pas une implantation, mais notre capitale. Il faudra bien que les Palestiniens s’habituent à cette idée. »

« Effacer Israël dans le temps ! »

D’après les derniers sondages, le peuple d’Israël dans sa grande majorité adhère à cette idée. Il faut croire qu’il a aussi accepté le concept que les négociations avec les Palestiniens, au lieu d’apporter un calme relatif, enveniment les relations entre les deux parties, car les exigences des uns et des autres sont diamétralement opposées. Mais si les Juifs connaissent les exigences israéliennes et qu’ils les comprennent, les justifient par leur Histoire, les Israéliens acceptent mal les conditions des Palestiniens qui semblent être une autre façon d’effacer Israël dans le temps, et il semble que de plus en plus d’Israéliens l’aient compris.

Ce que les Arabes appellent une agression israélienne se compose de deux parties : le retour d’Israël sur sa terre, qui a été depuis un siècle contestée par les Arabes et par toutes leurs institutions, et la reconquête de Jérusalem qui ne représente qu’un symbole pour eux, car la capitale juive n’est pas mentionnée dans le Coran, ou qu’une petite fois lors d’un songe de leur prophète Mohammed, mais la ville de Sion est beaucoup plus pour les Juifs, qui se battent à travers elle pour leur survie physique et spirituelle.

« Le retour des Juifs sur leur terre était une idée impossible à ingérer. »

Sans le Judaïsme, le Juif n’est rien. C’est pour cette raison que c’est le Judaïsme qui a été attaqué par des générations de dénégateurs : l’interdiction de la Brit Mila, de l’abatage rituel, de la pratique religieuse, de l’étude, des synagogues, ou de la seule présence des Juifs qui procurait un questionnement si intense que l’éradication physique était moins astreignante que la remise en cause des dogmes païens ou chrétiens.

Il en est de même pour l’islam. La longévité du peuple juif est métaphysiquement impossible et donne aux musulmans des maux de tête qu’ils évacuent par un reniement systématique de l’Histoire ou par leur propre nihilisme. Alors le retour des Juifs sur leur terre était une idée impossible à ingérer. Est-ce que Netanyahou est imprégné de l’idée qu’enfin le peuple juif est revenu sur sa terre ? Ou n’est-il qu’un instrument de son ambition ? Ou, dernière question, se bat-il pour la cause du peuple juif tout en réalisant ses ambitions politiques ? Hanan Krystal, qui est un excellent commentateur politique, a apporté un soupçon de réponse en avouant un jour : « Je suis un non pratiquant, pourtant je jeûne à Kippour, allez savoir pourquoi ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *