Opinion. Les règles de la vérité historique galvaudées par ceux qui les ont érigées. Par Ilan Saada

Par malheur pour les faux historiens, il y a toujours des gens qui salissent les emblèmes officiels, qui racontent le contraire des vérités acceptables, des traîtres qui ne comprennent rien à la beauté esthétique du mensonge, à la cohésion des hommes par l’abrutissement des peuples. Des jaloux, des gagne-petit, des miséreux qui salissent la gloire des Etats, qui osent braver les normes pour écrire une Histoire parallèle.

C’est pourtant grâce à elle que nous apprenons certaines inexactitudes qui ébranlent notre jugement et nous rendent méfiants. Par exemple, elle nous apprend la cupidité de nos dirigeants, leur attirance pour la célébrité, leur corruption dénuée de scrupules, leur absence rédhibitoire d’altruisme ou d’affection envers les autres, leur perversion. Mais la vérité absolue possède de multiples visages pour échapper à leurs faussaires, jouit de multiples dons. Elle est patiente, pouvant attendre des décennies, que dis-je, des millénaires, avant de se découvrir, indestructible, indécelable quand elle se cache, rusée et invisible, inaltérable quand elle s’abreuve des aveux des traîtres, géante quand elle se révèle, incorruptible et dévastatrice, imputrescible quand elle affronte le mensonge et la falsification. Elle poursuit les tyrans jusqu’à l’antre de leur déclin, parfois leur tombe, parfois leur éphémère postérité. La vérité fait partie du mouvement des planètes, elle n’est pas l’œuvre des hommes, parce qu’ils ont perdu toute crédibilité. Il a fallu la faute d’Adam, la castration de Noah par Ham, le veau d’or, pour qu’elle se voile et qu’elle passe dans le camp de Dieu.

La situation du silence et de mutation de l’histoire, telle que nous la vivons, est pourtant idéale et rassure les hommes. Ils sont tellement convaincus de leur victoire qu’ils en oublient que les hommes « libres de toute contingence casuistique » n’observent aucune règle. L’Histoire dite parfaite, qui apaise les hommes rationnels, ne peut pourtant pas se dérober à l’examen scientifique des anthropologues et des historiens scrupuleux sans subir quelques dommages d’authenticité. Il y a quelque chose de malsain à vouloir ériger en preuves irréfutables les témoignages humains. Surtout quand on ignore le degré d’attachement des témoins réduits à un espace, une situation, ou un individu.

A-t-on vraiment besoin de démontrer les conduites indignes des hommes par des échos avérés ? Est-ce que 20 siècles d’hégémonie crapuleuse ne suffisent pas à prouver que l’homme est piètrement pourvu de transcendance pour nous servir de modèle ? Nous connaissons son profil, ses signes spécifiquement humains mais si peu humanistes, les bonheurs futiles qui provoquent ses passions, les rêves putrides qui génèrent ses ambitions. Nous connaissons ses éveils pathétiques lorsqu’il veut contraindre le monde à entendre sa voix, à imposer son bon droit et sa puissance. Nous connaissons sa volonté de punir les arrogants qui veulent sauver de l’humilité les faibles, leur perfide allégation de « l’égalité »  utilisé pour asservir les imbéciles. Afin d’asseoir leur domination, ces hommes érigent des potences, dressent des bûchers, affutent ses sabres, inventent des guillotines, bâtissent des Murs de Fédérés et excusent leurs actes en prétextant l’ordre et la discipline, la justice et l’égalité. Aussi, nul ne peut oublier ses capacités arbitraires.

Nous connaissons la marche de l’humanité. Elle nous accompagne chaque seconde de notre vie, sombre dans l’erreur et la catastrophe avec une périodicité presque calculée, s’abîme dans le regret quelque temps, puis reconduit sa propre déchéance avec la même inepte constance. Parfois trois fois dans le même siècle : la Grande guerre, la Deuxième guerre mondiale et l’islamisation de l’Europe. Se croit-elle – il s’agit toujours de l’humanité – investie d’une mission divine, alors que Dieu n’a jamais choisi les créatures amorales qui nous gouvernent ? Serait-ce pour échapper à l’exotisme de récits vertigineux ou au mensonge que le monde a imposé la rigidité scientifique et analytique de la vérité historique, alors qu’il s’est servi sans scrupules de ce qu’il voulait combattre ?

La vérité historique telle qu’elle nous est imposée s’apparente à un axiome accablant, poussé au summum de la minutie imbécile, ignorant les dégâts qu’elle engendre. Elle a été acceptée comme une norme indéfectible, affectant la spontanéité de l’homme, son intelligence et son intégrité, devenant la base de sa défiance. Parfois piteuse, fanatique et maladive, subséquemment, elle a réduit sa foi en des croyances réductrices, porteuses de principes qui ne peuvent mener les êtres au-delà de leurs émotions charnelles ou intellectuelles. Par sa fourberie et ses avanies, elle ne sera jamais remplacée par la Parole. La nation juive qui, depuis sa reconnaissance par Dieu a été rejetée de la famille des hommes, ne croit plus en elle. Elle est devenue un enjeu démocratique essentiel dont les règles ont été déformées par ceux qui les ont érigées. Mais elle n’est qu’un subterfuge primaire duquel nous nous sommes éloignés. Par souci de s’imposer, son mécanisme s’est dévoilé et nous a enfin rendu la vue.

Une pensée sur “Opinion. Les règles de la vérité historique galvaudées par ceux qui les ont érigées. Par Ilan Saada

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    30 juillet 2015 à 14 h 28 min
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    Les règles de la vérité historique galvaudées par ceu qui les cree ceux ci 1er a les enfreindre et crier comme les leaders a tete chien aboyant

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