Opinion: le déclin de l’empire Hezbollah (par Simon Fuchs)

Les médias libanais rapportent que la récente visite de Hassan Nasrallah dans un camp de la milice terroriste chiite à l’est du Liban avait pour objectif de remotiver ses troupes après de nombreuses défaites face à Daesh en Syrie. Ajouté à l’isolement dont souffre le Hezbollah dans le monde et au Liban même, tous les faits conduisent à penser que l’organisation connait les prémices de son déclin.

Selon les rumeurs au Liban, une grande partie des combattants qui étaient partis en congés n’ont pas encore rejoint les rangs du Hezbollah. Les terroristes se plaignent du manque de matériel de combat, de l’avantage technologique de Daesh et de la critique au sein de l’opinion publique au Liban. Pour certains, la guerre en Syrie ne fait pas partie de la raison d’être de l’organisation et ne fait que servir les aspirations politiques de Hassan Nasrallah.

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L’isolation internationale se fait sentir

Depuis près de cinq ans, les Etats-Unis, Israël et plusieurs autres pays occidentaux ont lancé un embargo discret mais efficace sur l’économie du Hezbollah. Les comptes en banque de l’organisation à l’étranger ont été saisis, ses représentants sont interdits de séjour dans de nombreux pays et le leader charismatique de l’organisation, Hassan Nasrallah, vit dans un bunker depuis 2006. De plus, le coeur de l’économie du Hezbollah, le trafic de stupéfiants, fait l’objet d’une traque impitoyable de la part des Etats-Unis, qui sont les premiers à souffrir des répercutions de l’entrée de ces drogues sur le territoire américain.

Nasrallah, un stratège hors-norme

Mais il ne faut pas s’empresser d’enterrer l’organisation, car son dirigeant a, jusqu’à présent, mené la barque terroriste avec beaucoup de brio. Nasrallah s’est appliqué avec succès à affirmer l’image du Hezbollah comme étant le fer de lance de l’Islam chiite et de la lutte armée contre Israël. Après des années passées à l’ombre de la politique libanaise, c’est sous l’égide de Nasrallah que l’organisation a réussi à s’infiltrer dans toutes les sphères du pouvoir local, sans pour autant rendre les armes ou se plier à l’autorité nationale.

Les mois prochains seront décisifs pour le Hezbollah. Avec l’entrée en guerre de la coalition occidentale contre Daesh, le Hezbollah sera-t-il débarrassé de ses frères ennemis? La république islamique d’Iran, alliée naturelle de l’organisation, bénéficiera-t-elle d’un allègement des sanctions économiques qui pèsent sur elle? La réponse à ces questions en dira long sur les chances de survie du Hezbollah dans ce nouveau Moyen-Orient.

 

Simon Fuchs est un universitaire israélien et spécialiste de l'anti-terrorisme

Une pensée sur “Opinion: le déclin de l’empire Hezbollah (par Simon Fuchs)

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    21 octobre 2014 à 22 h 35 min
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    C’est bizarre, au début de la révolte en Syrie il y a de cela plus d’un an, on disait la même chose de Bashar Al Assad….et aujourd’hui il continue a massacrer des DIZAINES de MILLIERS de femmes et d’enfants en Série (euh en Syrie)…..Le Hezbollah est sur son déclin? Je le croirais lorsque les nouvelles annonceront qu’il est exterminé jusqu’à son dernier membre et BIEN exterminé aussi bien au Liban, en Syrie qu’au fin fond de l’Iran d’ou il puise ses racines et ses forces…..

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