Opinion. La stratégie américaine est limpide : permettre à Obama de faire un coup d’éclat. Par Ilan Saada

En apprenant la décision du gouvernement israélien de construire 1.000 unités de logement à Jérusalem, les Américains ont eu des réactions qui ne sont pas surprenantes ou inhabituelles. La différence flagrante est la violence des propos et leur multiplication au sein de l’administration d’Obama.

Nous l’avions évoqué lors d’un article précédent, le parti Démocrate a très peu de chances de remporter les élections au Sénat. Donc Barack Obama, le président des Etats-Unis, va perdre, non pas tous ses pouvoirs car il pourra continuer à gérer à coups de décrets présidentiels, mais une bonne partie de son indépendance politique (ou de son hégémonie) sera annexée aux contrôles du Congrès. Le plus accablant pour lui, c’est qu’une partie des ses amis démocrates, qui sont des élus du Sénat et qui savent que, selon les sondages, ils vont perdre leur siège, le lâchent. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent sombrer avec lui. Chez nous on appelle cela : assumer ses choix. Ce n’est pas le moment de quitter le bateau les amis, il faut affronter la tempête !

Obliger les deux hommes à reprendre les négociations !

Obama sait pertinemment qu’il n’invitera pas Mazen et Netanyhou sur les pelouses de Camp David, comme l’avait fait Clinton avec Rabin et Arafat et qui a abouti à l’échec que nous connaissons tous. Mais l’image de la poignée de main entre les deux hommes est restée mythique : voilà une preuve supplémentaire que nous vivons bien une période confuse ou la médiocrité sert de toile de fond aux événements historiques importants. Donc, la seule action d’éclat qui pourrait remettre Obama sur les rails des élections (à une semaine de leur terme, son calcul est absurde), c’est d’obliger les deux hommes à reprendre les négociations.

Le sachant, Netanyahou ne s’y pliera jamais. Même si Obama décide d’un embargo sur les armes (décision à laquelle le pentagone s’opposera de toutes ses forces), le Premier ministre israélien ne lui fera jamais ce plaisir. Il est possible, je n’écarte pas cette éventualité, que je me trompe dans l’analyse et qu’en vérité, la réaction d’Obama soit épidermique : il ne supporte pas l’embellissement d’Israël, son entêtement à faire de Jérusalem un écrin et serait plus enclin à admirer la mendicité politique et financière des Palestiniens. C’est probable, Obama n’est pas qu’une bête politique.

Mais traiter Netanyahou de couard n’est sûrement pas la bonne manière de l’amener à la table des négociations. Pour y négocier quoi en fait, l’enterrement d’Israël ? Car une négociation forcée, parrainer par Obama, ne pourrait aboutir qu’à l’élimination programmée de l’Etat hébreu. Les Américains, sous la férule de cette administration, obligeront Israël à négocier selon les conditions préliminaires (et prémonitoires) des Palestiniens. Le statu quo est préférable, et de loin. Il amènera dans un premier temps à une autonomie partielle des territoires qui ont été concédés par des naïfs d’un autre temps, un temps qui dure depuis 1948, un temps où les Juifs croyaient encore à la paix. Je ne dis pas que ce temps est totalement révolu, mais sa tendance devient de plus en plus marginale.

Une pensée sur “Opinion. La stratégie américaine est limpide : permettre à Obama de faire un coup d’éclat. Par Ilan Saada

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    24 novembre 2014 à 19 h 20 min
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    « des territoires qui ont été concédés par des naïfs d’un autre temps » c’est lichpote lekaf zkhout de dire qu’ils etaient naifs.

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