Opinion. La collusion de deux mondes, deuxième partie. Par Ilan Saada

C’est sans nul doute la combinaison des deux mondes qui a permis que des événements cruels ensanglantent l’univers : le monde chrétien, dont l’antisémitisme a traversé le temps, un peu comme le peuple juif, mais pas pour les mêmes raisons ; et le monde arabo-musulman, sans cesse en avance d’une haine, et qui accumule les anathèmes. Est-ce la haine arabe qui a nourri la névrose chrétienne, ou est-ce le désir des chrétiens de dissimuler leur trépas spirituel qui a alimenté la hargne arabe ?

Je vais formuler mes questions différemment. Sont-ce les Arabes qui ont réussi la performance de soulever le monde contre le peuple juif ? Sont-ce les Arabes qui, en empruntant les chemins de la propagande nazie, ont fait d’Israël et du peuple juif les immondices de l’humanité ? Ou, autre possibilité, sont-ce les chrétiens qui, dans l’empressement de se débarrasser d’une culpabilité écrasante – 2.000 ans de bûcher et de Shoa, cela laisse des traces – se sont laissés envahir par la haine que les Arabes leur ont perfidement distillée ?

Voyez-vous bien l’image de ces deux mondes ? Celle du monde arabo-musulman, arrogant, moyenâgeux, obsédé par le retour, la présence et la réussite du peuple juif sur sa terre, et celle d’un Occident lâche et aveugle, bousculé dans son absence de conscience et qui, dans la même continuité historique, enferme les Juifs dans le ghetto de son absolutisme parricide ? Et ces deux histoires, qui se sont affrontées durant des siècles, se rencontrent soudainement, en plein carrefour de l’Histoire, se complètent et se liguent pour enrayer la nôtre.

Vous ne trouvez pas étrange la rencontre de ces deux mondes ? (Je ne dis pas inexplicable, seulement étrange.) Le premier se déchaîne dans l’espoir de se dédouaner du plus grand crime de l’humanité et, pour atteindre cet objectif, aide le second à perpétrer le même crime, soixante dix ans plus tard ? Bien sûr, les choses ne sont pas aussi flagrantes pour eux, elles ne sont pas même suggérées, car ils s’en offusquent, surtout les chrétiens et les menteurs. Mais elles le sont devenues pour nous. Et celui qui s’interdit de regarder ce désespoir en face – un désespoir qui n’est pas le nôtre, Dieu merci – deviendra cendres et poussières, sans certitude de rémission posthume, à l’instar de ceux que le monde a déjà oubliés.

L’incapacité de l’Occident à reconnaître la perversité de ses propres stratagèmes est aussi vile que d’assassiner quatre Rabbins et un policier dans une synagogue. Dès lors, le silence et la complaisance des uns vaut le déshonneur des autres. L’affront refusé, c’est par exemple des islamistes qui attaquent des Juifs à Paris, Londres ou Stockholm et que la justice et la presse incriminent pour déséquilibre mental. On le savait déjà que leur déséquilibre humain était culturel, mais ce n’est pas de ce déséquilibre-là dont ils parlent, c’est d’une aliénation simiesque qui innocente les assassins et blanchit les accusateurs.

L’Occident est malade, il souffre de ses insuffisances historiques, de ses magouilles idéologiques, de ses peurs d’inexistence, de ses angoisses de la « mort donnée » en échange de l’oubli. Qu’il est bon de s’installer dans l’oubli. Oublier que l’on a planté des ronces dans la mémoire juive, et que celle-ci, ne souffrant d’aucun ressentiment ni d’aucun esprit de vengeance, est tournée vers l’Histoire vivante d’un pacte de paix qu’elle a signé il y a 3.500 ans.

Une pensée sur “Opinion. La collusion de deux mondes, deuxième partie. Par Ilan Saada

  • 5 janvier 2015 à 9:59
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    Comme c’est bien écrit et compréhensible pour un non initié ;

    Et Celui qui a lu les prophéties bibliques comprends encore mieux et voit sa foi raffermie : Dieu n’est pas mort !

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