Opinion. Israël n’a jamais eu autant besoin de ces élections, par Ilan Saada

Tous ceux qui ont fait confiance à Netanyahou, Lieberman, et Bennett, bref au Camp national, se réjouissent de ces nouvelles élections. Beaucoup se demandait si Netanyahou, par opportunisme consensuel, n’aurait pas viré trop au centre, (un peu comme Sharon) mal influencé par Lapid, et se serait trop éloigné de la pensée juive, à cause de la proximité de Lieberman.

Ses excuses à Erdogan, ses gels de la construction en Judée-Samarie, ses libérations de prisonniers terroristes, ses proclamations en faveur de deux Etats pour deux peuples, alors qu’il n’y en a qu’un, enfin toutes ces tergiversations politiques le confinaient dans un rôle de dirigeant médiocre, presque complaisant. Je pense (comme lui) qu’il a suffisamment supporté les courbettes, les génuflexions idéologiques, les sourires contrits de ses frères-ennemis, les embrassades hypocrites de ses partenaires. Cette disparité idéologique, cette dissonance de la pensée ne pouvait plus durer.

Que Lapid ait rejeté les exigences du Premier ministre lors de leur dernière réunion, personne n’est dupe : elles lui ont été adressées pour cette raison. Lapid a obtenu 19 mandats aux élections de 2012, et c’est ce qui a donné un air malsain à son ego, au point qu’il n’est même plus conscient de sa chute électorale (les derniers sondages lui allouent 8 mandats, moins de la moitié). Il a tellement perdu de sa superbe et son incompétence est si évidente que ses électeurs le regardent un peu comme un gros Milki (voir notre article sur Berlin), onctueux, sucré et éphémère.

Quant à Livni, se sentant libérée de son devoir de réserve, qu’elle a si mal appliqué, et déliant sa pensée et sa parole, elle s’est permise de traiter les députés du Likoud d’extrémistes, de voyous provocateurs, et elle a jugé que Netanyahou n’était qu’un paranoïaque, que le peuple pourvu de bon sens doit reléguer au fin fond de son inconscience. J’ai compté douze attentats terroristes en deux mois, 15 morts, dont un bébé de trois mois ; 4.700 roquettes et missiles envoyés de Gaza, 57 morts parmi nos soldats, 7 morts civils, dont un enfant de cinq ans. Et Netanyahou (et partant, le peuple qui le soutient) est paranoïaque…

Je pensais qu’elle n’était pas très intelligente, affreusement finassière, et je m’attendais à ce qu’elle fît une bourde : en traitant le Premier ministre de paranoïaque, elle s’est ridiculisée. Elle s’est ravalée au rang des dénégateurs musulmans, des contempteurs européens, qui représentent à ses yeux, embués par l’attentisme aveugle, la solution au problème du conflit arabo-israélien. Mais elle ne représente rien, pas plus le processus de paix qu’elle croit symboliser, que ses idées qui ne lui ont jamais appartenu et ne sont que les relents des trépignements arabes.

Tout le monde, y compris Herzog, Lapid, Galon, Livni et autres pourfendeurs de l’Etat Juif, voient poindre au loin une coalition composée du camp national (y compris le nouveau parti de Kahlon) et des religieux. Si vous vous apercevez que la campagne électorale, qui pour certains a déjà commencé, devient violente, injurieuse, diffamante, mensongère, c’est justement à cause de cette perspective inéluctable d’une coalition de droite. La gauche et le centre, considèrent que le peuple juif et l’Etat d’Israël vont sortir du bourbier grâce au processus de paix. Une grande majorité du peuple pense le contraire : le bourbier, c’est le processus de paix. Israël se prépare des jours difficiles, mais même sachant cela, il ne s’est jamais éloigné de l’objectif essentiel : une terre sainte pour le peuple juif, et il ne faiblira pas, alors qu’il est si prêt du but.

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