Onu: Ultimatum des Palestiniens à Israël

Le président de l’Autorité palestinienne Abou Mazen a lancé vendredi soir  un ultimatum à Israël dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies : se retirer des territoires dans un délai d’un an.

« Israël a un an pour se retirer aux frontières de 1967, y compris Jérusalem-Est », a menacé vendredi soir Abou Mazen dans un discours préenregistré. Contrairement à de nombreux autres dirigeants, Abou Mazen a choisi de prononcer son discours à distance et de ne pas se rendre au  siège de l’ONU à New York cette année. Puis, il a précisé son ultimatum,  » au-delà de ce délai, nous irons au tribunal de La Haye pour prendre une décision sur la légalité de l’occupation ».

Abou Mazen a ouvert son discours avec un document à la main. Il exhibait la propriété foncière des réfugiés palestiniens depuis 1948. Le président palestinien a exprimé son désespoir face à la politique israélienne. « Nous sommes à la croisée des chemins. Nous avons assez souffert. Cette situation ne peut plus perdurer et notre peuple ne peut plus la tolérer. J’ai consacré ma vie à parvenir à la paix et j’ai choisi la voie du travail avec la communauté internationale par la paix et la diplomatie. Nous recherchons maintes et maintes fois la paix. Pourtant nous ne trouvons pas de partenaire en Israël qui croit et accepte la solution à deux États. »

Le président palestinien a noté qu’un « dialogue » est actuellement en cours avec l’administration américaine dirigée par le président Joe Biden. Ce dernier soutient la solution à deux États, mais a admis mardi dans un discours à l’ONU qu’il ne s’agissait pas d’une solution viable pour le moment.

Abou Mazen critique la communauté internationale

Il a également durement critiqué la communauté internationale : « Il est regrettable que la politique de la communauté internationale et des États-Unis sur la question palestinienne ait échoué jusqu’à présent. Des sanctions ont été envisagés. mais elles n’ont pas été imposées à Israël à la suite de ses violations répétées. Israël, qui prétend être un État démocratique, se comporte comme un État au-dessus des lois. Il y a encore des pays qui n’ont pas reconnu qu’Israël est un pays d’occupation. »

Justifiant le paiement des salaires aux familles des terroristes, il a déclaré : « Pourquoi devrions-nous clarifier notre préoccupation aux familles des martyrs. Elles sont victimes de l’occupation et de sa politique. Nous n’abandonnerons pas notre peuple, et continuerons à travailler pour libérer tous nos prisonniers. ». Cependant et selon la formule consacrée qu’il répète à l’envi, Abou Mazen a clairement indiqué qu’il continue de s’opposer à la résistance violente : « Je réitère à la communauté internationale notre engagement en faveur du dialogue pour la paix, notre engagement en faveur d’une résistance populaire pacifique ainsi que notre engagement à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes à la fois dans notre région et dans le reste du monde. »

Un ultimatum inacceptable

Selon les observateurs, le discours d’Abou Mazen n’apporte rien de nouveau. Il était cependant moins agressif et moins conspirateur envers Israël que les années précédentes. Comme à son habitude, le président palestinien n’a fait aucune allusion aux reproches de la communauté internationale à son égard. Pas un mot sur la corruption, l’absence d’élections et le refus catégorique des palestiniens de dialogue avec Israël depuis des années. Le Hamas et sa mainmise sur la bande de Gaza n’aura pas non plus été évoqué. L’annonce de l’ultimatum palestinien n’est pas vraiment engageant pour la suite. Il s’agit d’une indication claire que Ramallah n’est pas disposé à un compromis ni même à entamer des négociations.

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis et aux Nations Unies, Gilad Erdan, a déclaré en réponse au discours du président palestinien : « Il a une fois proposé de poursuivre la Grande-Bretagne pour la déclaration Balfour. Aujourd’hui, il veut revenir au plan de partition de l’ONU – mais plus que tout, son mensonge devient évident à propos de son refus et du refus des Palestiniens de faire la paix. Car quiconque soutient réellement la paix et les négociations ne menace pas d’ultimatums délirants depuis la plate-forme onusienne ».

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l'actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Une pensée sur “Onu: Ultimatum des Palestiniens à Israël

  • 26 septembre 2021 à 15 h 24 min
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    Ouh la la, les israéliens sont morts de trouille devant les menaces de Abbas.
    ROSA

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