Netanyahou est-il aussi nul qu’ils le prétendent ?

A écouter les journalistes de la presse généraliste et les militants de gauche, qui sont souvent les mêmes personnes, depuis que Netanyahou a été élu en 2009, la situation ne ferait qu’empirer sur tous les plans. Etat des lieux.

 Certes, la multiplication des visites de leaders internationaux et le développement des rapports voulu par Netanyahou avec l’Inde, le Japon, l’Afrique ou l’Amérique du sud, ont prouvé l’absurdité de telles déclarations, mais ils enchaînent alors avec la situation économique et sociale: la pauvreté aurait augmenté, le pouvoir d’achat se serait effondré, les riches sont plus riches, les pauvres sont plus pauvres etc…
Malheureusement pour eux, ces affirmations sont toutes aussi erronées et déconnectées de la réalité. Israël a en fait connu ces 8 dernières années, une des plus longues période de prospérité de son histoire. Le PIB par habitant a augmenté de 35% et il est aujourd’hui supérieur à celui de la France (par comparaison celui de la France a stagné sur la période). Le salaire moyen réel (salaire après avoir enlevé l’inflation, soit le pouvoir d’achat) a augmenté de près de 20% et le salaire médian réel de près de 30%.

Une des économies les plus innovantes au monde

Ce qui signifie que la hausse a été plus forte parmi les bas salaires. En conséquence, l’indice Gini qui mesure les inégalités a aussi baissé d’environ 0,39 à 0,36: les inégalités de revenus ont diminué. La dette publique a diminué de 73% à 60% du PIB (tandis qu’elle explosait dans presque tous les pays de l’OCDE). Le chômage a été quasiment éliminé à 4,1%. C’est sans doute pour toutes ces raisons qu’Israël vient d’être classée 3ème économie la plus innovante au monde d’après le World Economic Forum.
Le tourisme, frappé par la crise économique mondiale et le conflit avec Gaza en 2008-2009, est reparti de plus belle et l’année 2017 devrait être un record historique avec près de 3,5 millions de touristes, du jamais vu. Profitant de cette amélioration de leur niveau de vie, les Israéliens achètent massivement des voitures, des meubles, des appareils électro-ménagers, partent en vacances à l’étranger (70% cette année, un record mondial).

Peut faire encore mieux !

Cela ne signifie pas que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes et qu’il ne reste pas des problèmes à régler. En particulier les blocages de la régulation et de la bureaucratie qui créent des monopoles et des oligopoles, et empêchent la concurrence. Le marché israélien est en particulier le plus fermé aux importations, surtout alimentaires, de toute l’OCDE. Ce qui entraîne des prix plus élevés, des salaires plus bas qu’ils ne devraient être, et des produits moins diversifiés.
Le gouvernement ne cesse de parler d’intensifier la concurrence et d’ouvrir les différents marchés protégés. Mais les choix avancent à vitesse d’escargot, notamment en raison des oppositions des grands groupes qui contrôlent le marché et craignent de perdre leur domination… et de la gauche israélienne, idéologiquement opposée à l’ouverture du marché. Or la gauche contrôle les médias et les tribunaux, ce qui permet à ces oppositions de mettre beaucoup de bâtons dans les roues.
Plus de concurrence et d’importations permettront de faire baisser les prix et d’améliorer encore le niveau de vie de tous, et surtout des plus défavorisés.

La bulle immobilière

L’autre grande question qui inquiète un certain nombre d’Israéliens tient aux prix de l’immobilier. Contrairement à ce que certains démagogues à la Kahlon voudraient faire croire, c’est une question compliquée qui ne pourra être résolue qu’avec beaucoup de patience. Les facteurs qui expliquent la hausse importante des prix sont nombreux. Certains sont liés aux mêmes problèmes de bureaucratie, de régulation et d’absence de concurrence (le fait que les sociétés de construction étrangères ne puissent pas travailler en Israël par exemple ou le contrôle soviétique des terres à vendre).
D’autres sont complètement hors des mains du gouvernement comme les taux d’intérêt. Ils commencent d’ailleurs à remonter et cela devrait à lui seul provoquer un arrêt de la hausse des prix.
Il reste beaucoup à faire mais il est certain que la situation s’est considérablement améliorée depuis 2009.

Binyamin Lachkar

Binyamin Lachkar

Conseiller au ministère israélien des Sciences.
Analyste en politique publique.

Une pensée sur “Netanyahou est-il aussi nul qu’ils le prétendent ?

  • 20 octobre 2017 à 7:56
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    Ne pas oublier qu’Israel est classée au 4eme rang des pays les plus innegalitaires de l’OCDE. Réussite de Netanyahu en matière economique, mais fiasco en matière sociale.A quoi sert la réussite économique d’Israël si la majorité de la population n’en profite pas et se trouve dans la misère ?

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