Nationalité israélienne: quand les Arabes de Jérusalem sont candidats

Le nombre d’habitants arabes des quartiers arabes situés à l’est de Jérusalem, postulant afin d’obtenir la nationalité israélienne est en hausse constante. Selon les chiffres communiqués par l’Autorité palestinienne, presque 10% l’ont déjà reçue.

« Je déclare m’engager à être un citoyen fidèle à l’état d’Israël ». Ceci est la formule du serment exprimé par tous ceux qui se voient acceptés comme Israéliens. Étonnamment, de plus en plus de « Palestiniens » la prononcent.

Dans la partie Est de la capitale israélienne, libérée en 1967 et annexée ensuite, le sujet de la citoyenneté est complexe. Les habitants arabes y détiennent une carte d’identité bleue comme les Israéliens, sans citoyenneté mais en tant que résident fixe. Cette carte d’identité bleue leur octroie services gouvernementaux comme les assurances maladie, la sécurité sociale (allocations familiales, invalidités, chômage etc…). Les détenteurs de ces cartes peuvent à tout moment demander d’améliorer leur statut légal mais l’écrasante majorité s’y refuse. Ils ne veulent pas laisser croire qu’elle accepte la souveraineté israélienne sur la ville.

Et pourtant, cette dernière décennie a connu une augmentation constante des demandes. Non pas que les Arabes s’identifient forcement aux valeurs de l’Etat d’Israël, c’est plutôt l’aspect pragmatique qui pèse de tout son poids dans leurs décisions. En effet, il leur sera plus facile de trouver du travail, de déménager, d’acquérir un bien immobilier ou de voyager à l’étranger.

Des chiffres communiqués au compte-goutte

Si les institutions israéliennes préfèrent ne pas divulguer les chiffres réels, un institut privé apporte des données impressionnantes: un saut de 114 demandes en 2003, à presque mille en 2018. La moitié à peu près sont acceptées.

Pour la plupart il est très difficile de prononcer la formule citée ci-dessus. Pour les postulants c’est un pacte avec l’ennemi. Une institutrice de 46 ans témoigne: « Je me suis sentie très mal en prononçant ces mots. Mais que faire? Ce changement est bon pour ma carrière ».

Une autre raison inciterait les postulants à acquérir la nationalité israélienne: la crainte de l’annulation de leur carte bleue actuelle s’ils déménagent ou résident trop longuement à l’étranger. Un des facteurs qui en a poussé de nombreux vers les bureaux d’avocats spécialisés. La crainte de retrouver sa demeure de l’autre côté de la barrière de sécurité, et par cela perdre la carte de couleur bleue, a accéléré le mouvement des demandes.

‘Halil Sfakgi, membre de l’équipe de négociateurs de l’Autorité palestinienne, s’indigne de la perte d’une double bataille: territoriale et démographique. Selon elle, depuis 1967, 27 000 Arabes de l’Est de la capitale juive ont demandé et reçu la citoyenneté israélienne. Ce qui représente presque 10% de la population arabe à Jérusalem même et aux villages alentours.

Un autre avantage s’il faut encore en ajouter et le préciser, et pas des moindres: après les parents, les enfants naîtront Israéliens.

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