Municipales 2018 : Binyamin Lachkar, un francophone candidat à Jérusalem

Il a encore un an devant lui. En 2008, Binyamin Lachkar a roulé pour Nir Barkat, l’actuel maire de la capitale. Cette fois, il sera présent sur la liste du Likoud à Jérusalem et qui sait, il espère conduire la liste de son parti aux municipales de 2018. Entretien réalisé par David Sebban.

Coolamnews : Aidez-nous à mieux faire connaissance

Je suis né à Paris en 1974. Déjà très jeune, j’étais un passionné du monde politique et j’ai voulu suivre cette voie. Je suis sorti diplômé de l’Institut Politiques de Paris en relations internationales en 1996, et c’est cette même année que je suis parti vivre en Israël. En arrivant j’ai poursuivi avec un master en communication et journalisme à l’Université Hébraïque de Jérusalem. J’ai également pu étudier un master en politique publique dans cette même université en 2010.

Coolamnews : Vous avez un parcours politique déjà chargé

Ayant été un ancien dirigeant national de l’UEJF des années 90 et ayant adhéré au Likoud dès mon arrivé en Israël, j’ai tout naturellement voulu créé le syndicat étudiant du Likoud appelé « Lavi » en 1999. Aujourd’hui, Lavi a fait son chemin et est représenté dans toutes les universités d’Israël. J’ai été candidat sur la liste de Nir Barkat aux municipales de 2008, puis conseiller du maire concernant l’intégration des Olims entre 2008 et 2010.

En 2012, j’ai été élu au comité central du Likoud puis été un des porte-paroles de la campagne francophone du Likoud lors des élections en 2015. J’ai par la suite également été le porte-parole de la Député Sharren Haskel. Aujourd’hui, je suis président des francophones au Likoud, et un des dirigeants des libéraux au Likoud. Mon parcours professionnel inclut le poste de directeur du marketing pour la France et l’Europe du Nord au ministère du tourisme, directeur du Keren Hayessod dans le Sud de la France, et responsable de la hasbara (*communication) pour les étudiants au ministère de l’intégration. Aujourd’hui je suis consultant privé, notamment pour le ministère de la science.

Coolamnews : Pourquoi selon vous les olims de France n’ont jamais réussi à être représentés par des élus francophones en Israël ?

Ce n’est un secret pour personne, il y a un manque de solidarité entre les olims de France. Il y a aussi une tendance à refuser de voir des têtes qui dépassent. A chaque fois que quelqu’un essaye d’avancer, on se dit pourquoi lui et pourquoi pas moi. Je pense qu’il y a aussi une volonté d’intégration qui est très positive. Le fait que les Olim de France veuillent devenir complètement israéliens et ne pas s’enfermer dans une communauté. C’est positif mais en même temps le système israélien fonctionne d’une telle façon qu’il faut appartenir à une communauté et en être ses représentants afin qu’elle s’intègre.

Jusqu’à présent, les francophones n’ont pas compris cela ou ont refusé de le comprendre. Ils se sont les uns les autres, mis des bâtons dans les roues. Je crois que c’est en train de changer, notamment avec la nouvelle vague d’Alyah. Les gens comprennent le besoin de travailler tous ensemble, les anciens et les nouveaux afin de pouvoir tous réussir.

Coolamnews : Que sont devenus ceux qui ont tenté l’expérience politique avant vous ?

Par le passé, tous les candidats, y compris moi-même (sur la liste de Nir Barkat), étions relégués en position non éligible. On était là pour décorer, pour attirer l’électorat francophone mais sans réelle volonté de nous faire élire. La grande différence, c’est que je veux être élu. Je veux être numéro 1 ou 2 de la liste du Likoud. J’entrerai au conseil municipal. Je dis aux francophones, votez pour moi parce que je vais être élu et parce que j’agirai en votre faveur.

Coolamnews : Quels sont les points principaux que vous changeriez à Jérusalem si vous êtes élu ?

J’habite depuis 21 ans à Jérusalem. La ville a beaucoup changé et évolué et connue des développements importants, mais il y a encore beaucoup de travail pour que la ville atteigne le statut qu’elle mérite. La propreté, les transports en commun, sont en dessous de tout. Il y a des progrès à faire dans l’éducation et surtout l’emploi. Mais comme conseiller municipal, si je suis élu et fait partie de la coalition je demanderai le dossier de l’alya et de l’intégration.

Je veux être un pont entre les sabras et les olim, permettre à chaque olé de réaliser ses pleines potentialités et de briser le plafond de verre. Je veux faire de Jérusalem un modèle d’intégration des olim occidentaux et y attirer des milliers de juifs français, américains, anglais ou autres, des gens qualifiés, éduqués, qui contribueront à transformer la ville. Jérusalem est la grande ville la plus pauvre d’Israël et elle souffre d’une émigration juive significative – l’alya occidentale permet de régler ces deux problèmes vitaux d’un seul coup.

Concrètement cela signifie la création d’une unité spéciale pour les olim occidentaux à la mairie, qui fonctionnera comme un “one-stop-shop”: un endroit unique pour régler toutes les questions liées aux services municipaux. Arnona, éducation, business, services sociaux : tout sera réuni au même endroit, avec des conseillers qui parlent votre langue, sans devoir être trimbalé de service en service pour se retrouver face à des gens qui ne comprennent pas ce que vous voulez.

Coolamnews : Seuls les olim vous intéressent ? Vous ne comptez pas travailler pour tous les habitants de la ville ?

Bien au contraire ! D’abord il n’y a aucune contradiction et je me considère moi-même comme un citoyen parfaitement bien intégré. Je me vois avant tout comme un pont entre les olim et la société israélienne. Une meilleure intégration des olim, plus d’alya, c’est bénéfique pour tout le monde, ça veut dire aussi plus d’emplois, plus d’activités, plus de culture etc… Mais je compte aussi travailler autant que possible pour améliorer la ville dans tous les domaines. Je ne serai pas seul mais élu sur une liste qui elle-même sera, je l’espère, dans la coalition. Plusieurs sujets me tiennent à cœur, en particulier la propreté de la ville, qui est le sujet numéro un qui préoccupe les habitants de la ville selon les sondages depuis des années, les transports en commun, et l’emploi.

Je souhaite aussi que la mairie se comporte en entité souveraine dans les quartiers arabes, qui sont ignorés et où l’ordre et la loi sont bafoués en permanence. Ce n’est pas seulement notre intérêt, c’est aussi celui des habitants arabes qui sont les premiers à demander l’application de la souveraineté israélienne chez eux.

David Sebban

David Sebban

Fondateur et Rédacteur en chef de Coolamnews. Journaliste TV et Radio, formateur et enseignant en communication, David est spécialisé dans l’actualité proche-orientale en général et israélienne en particulier.

Une pensée sur “Municipales 2018 : Binyamin Lachkar, un francophone candidat à Jérusalem

  • 5 décembre 2017 à 6:07
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    Bravo ! On est avec vous, en espérant que vous soyez un modèle pour tous les olim français dans les autres villes.

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