Michaël Sebban, un surfer-rabbin-romancier-chercheur

Michaël Sebban, un surfer-rabbin-romancier-chercheur, un Haham hors du commun ! Seul un haham exceptionnel peut s’offrir le luxe de surfer de la crête d’une vague au sommet ésotérique du Zohar en passant par la lagune de l’écriture de polards et l’étude de la tradition kabbaliste au travers d’une approche de la volonté divine. On aurait envie de crier « Stop », trop c’est trop !

Mais non, rien n’est assez pour cet homme dont la « gueule exceptionnelle » est à l’image de ses nombreuses vies qui s’entrechoquent, un reflet changeant, une caricature de ses trop nombreuses aventures…

Né à Bordeaux, d’origine juive algérienne, Michaël Sebban a commencé sa carrière comme professeur de philosophie dans « les banlieues chaudes », ces zones d’éducation prioritaire avant que d’écrire des polars à succès, ( La terre promise pas encore (Ramsay 2002), Kotel California (Hachette Littératures, 2006) et se tourner résolument vers l’Etude avec un grand « E » de la tradition kabbaliste, incluse une traduction en français du « Zohar » pour une meilleure diffusion…

Tout cela bien avant que de s ‘occuper des fac-similés de cet ouvrage en édition limitée…

« Mon expérience de prof de philo dans les banlieues à risque, livre -t-il lors d’un interview, m’a poussé à écrire mes romans. Mon amour du Surf m’a permis de vivre durant plus de vingt ans à Biarritz dont je suis le délégué rabbinique et où j’ai enseigné cette délicieuse discipline. ! Quant à mon goût pour l’étude du Talmud, très jeune j’ai été attiré par les textes juifs avant que de les partager en Israël, en tant que secrétaire du philosophe juif Benny Levy, l’ancien secrétaire de Sartre et le fondateur avec Bernard-Henri Levy et Alain Finkelkraut de l’Institut d’études lévinassiennes…

Le Zohar

Un tel état d’esprit ne pouvait que pousser ses pas vers le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme ! Là, Michaël Sebban tombe en arrêt devant une vitrine qui contient un exemplaire rarissime du Zohar – un des tous premiers imprimés à Mantoue en 1558 –, texte-clé de la mystique juive, autrement dit de la Kabbale. Un livre que Michaël Sebban connaît très bien, l’étudiant et l’enseignant depuis des décennies….

Un livre pour lequel Michaël Sebban a créé une association nommée Beit Hazohar (la Maison du Zohar), et un site internet (www.beithazohar.com) où l’on peut suivre un grand nombre de cours.

Ainsi est née ce jour de 2015, devant cette vitrine du « M.A.H.J. » l’idée de rééditer en fac-similé cette merveille d’édition originale, en parfait état, des trois volumes du Zohar (un pour la Genèse, un pour l’Exode, et un troisième pour le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome).

Et de passer à l’action !

Il prend immédiatement contact avec Paul Salmona, le directeur du M.A.H.J., qui le dirige alors vers Jean-Claude Kuperminc, directeur de la bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle, détentrice de ce trésor après qu’il lui a été légué par la famille d’Elie J. Nahmias, grand collectionneur de Judaïca, après la disparition de ce dernier.

« Qui est ce zozo » ?

Quand Michaël Sebban fait part de son projet à M. Kuperminc, ce dernier manifeste d’abord une certaine réticence. « Il s’est demandé qui était le zozo qu’il avait en face de lui », s’amuse aujourd’hui Michael Sebban. Mais à force d’obstination, de preuves accumulées au fil des mois, du sérieux de l’entreprise (dont le bouclage de son financement), ce dernier, en tandem avec Jean Baumgarten, (CNRS-EHESS et CRH), chercheur réputé pour ses travaux sur le monde ashkénaze et la littérature yiddish, va finir par gagner la partie.

La logique aurait voulu que le coffret contenant les trois volumes du Zohar de Mantoue fût disponible lors d’un colloque organisé au mois de mai  mais la complexité de sa réalisation technique (partagée entre l’imprimeur italien basé à Maccerata, et les diverses entreprises françaises qui ont assuré la numérisation des quelques 1700 pages du Zohar), les (mauvaises) surprises qui ont accompagné les divers essais sur papier (avant que le rendu soit quasiment identique à l’original dans ses moindres détails), ne l’ont pas permis.

Et ce tirage exceptionnel de 500 exemplaires numérotés, tous imprimés sur papier Fabriano, papetier italien en activité depuis 1264 (!), présentés dans un coffret cuir seront finalement disponibles dès janvier 2019.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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