Marilyn ou l’histoire d’une conversion au judaïsme aussi sincère que contestée !

 

Jour pour jour, 56 ans après ce dimanche 5 août 1962, date de la disparition de Marilyn Monroe, née Norma Jeane Mortenson le 1ᵉʳjuin 1926 à Los Angeles, les médias s’interrogent encore sur la validité de la conversion de cette femme hors du commun, de cette célébrité exceptionnelle.

Alors : Marilyn Monroe, juive ou pas juive ?

Si « faire compliqué quand on peut faire simple » est un des signes intrinsèques juifs, Marilyn n’a pas besoin de passer avec succès les tests d’ADN ni prouver qu’elle en possède les gènes pour être classée d’office comme juive parmi les juives, une juive plus vraie que vraie !

N’est qu’à retracer son parcours des plus compliqués pour s’en convaincre !

Née de père inconnu, abandonnée avant que d’avoir été revendiquée par sa mère biologique, une paroissienne de l’église de Scientologie, elle est élevée pour adoption dans une famille immergée dans l’extrémisme chrétien de l’Eglise Pentecôtiste. Ballotée de foyers d’adoption en orphelinats, l’adolescente recherche désespérément une porte de sortie et se laisse enjôler par des figures masculines emblématiques d’autant que sa mère, Gladys Monroe, diagnostiquée schizophrène, lui laisse longtemps croire qu’elle est la fille de l’acteur Clark Gable.

Se profilent alors deux courts mariages.

Le premier en juin 1942 avec James Dougherty, le fils des voisins, dont Marilyn divorcera en septembre 1946 pour pouvoir signer avec la 20th Century Fox, un contrat stipulant qu’il n’était pas question qu’elle puisse être enceinte.

Le deuxième en 1954 avec Joe Di Maggio, légendaire joueur de baseball des Yankees de New York dont la jalousie mettra à mal leur union, (ce qui ne l’empêchera de déposer fidèlement trois fois par semaine des roses sur sa tombe … Pendant trente ans !)

Puis vient le temps de la conversion au judaïsme.

Par amour sans doute mais déjà bien avant sa rencontre avec Arthur Miller,

Le certificat de conversion de Marilyn
Le certificat de conversion de Marilyn

notre héroïne, toute fofolle qu’elle soit, se disait avoir été profondément impressionnée par la valeur des Juifs qu’elle avait rencontrés mais aussi par le rationalisme du judaïsme, ses idéaux éthiques, ses visions prophétiques et son concept inhérent d’une vie de famille intensément liée….

« Marilyn n’était pas une intellectuelle, il était évident que sa capacité à se concentrer pendant une longue période lui était difficile mais elle était sincère dans son désir d’apprendre » a déclaré plus tard un cousin d’Arthur, le rabbin Robert Goldberg de la congrégation de Mishkan Israël, une synagogue réformée située dans le Connecticut.

Celui-ci lui avait également conseillé la lecture de quelques ouvrages dont « Qu’est-ce qu’un Juif ? de  Morris Kurtzer,  L’Histoire des Juifs,  par Sacher, Le Guide du problème juif de Milton Steinberg, et l’avait incitée à se plonger dans le Manuel de conversion du CCAR,  ( Conférence Centrale des Rabbins Américains).

« L’écervelée et l’intello » un mariage difficile !

Le mariage de l’essayiste de talent, juif polonais, avec l’immense star de l’époque nouvellement convertie au judaïsme eut donc lieu comme il se doit : Arthur Miller et Marilyn Monroe ayant signé la « Ketubah », ( voir copies ci-après), un accord prénuptial traditionnellement juif, définissant les droits et les responsabilités de l’époux envers la mariée et leurs futurs enfants.

Ketouba de mariage du couple Miller-Monroe
Ketouba de mariage du couple Miller-Monroe

Ce document, richement coloré, est imprimé sur deux oblongues de feuilles et on peut y lire : « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi. Aucun homme sans femme, aucune femme sans homme, et ni sans Dieu ». Ce certificat témoigne que Arthur Miller et Marilyn Monroe ont été unis dans la ville de Lewisboro, à  Westchester, le 1er Juillet 1956, (22 Tamouz 5716), conformément au rite d’Israël et en conformité avec les lois de l’État de New York. Signé par le Rabbin Robert E. Goldberg et par les témoins, le frère d’Arthur, Kermit Miller, ainsi que du professeur d’art dramatique de Marilyn, Lee Strasberg.

Ce dernier signalera tout de même que la cérémonie du mariage n’avait pas été précédée par l’immersion dans le « Mikvé », une étape nécessaire et obligatoire et ce qui devait arriver arriva : Presque toutes les autorités halakhiques, y compris le grand rabbinat d’Israël, invalidèrent sans état d’âme ladite conversion de Marilyn… Pourtant, juive elle l’était qui pouvait montrer un certificat en bonne et due forme dont copie ci-après, Une juive qui durant la semaine précédant son mariage (du 24 au 29 juin 1956)  avait demandé à Augusta Miller, la mère d’Arthur, de lui apprendre moultes recettes de plats typiquement juifs.

Même Le Musée Juif de New York prit parti dans cette affaire et proposa une exposition intitulée « Devenir juif » dont les portraits de Marilyn Monroe et Liz Taylor peints par le célèbre artiste pop art Andy Warhol, narrent les conversions au judaïsme de ces deux actrices s’appuyant sur des photographies et des lettres ».

Et ce n’est pas parce que le diner du mariage proposait (en vedette américaine) homards et langoustes que l’on puisse se permettre de déjuger celle qui déclarera avoir la foi jusqu’à sa mort, le 5 aout 1962.

Bely Landerer

Bely Landerer

Avec Bely, Coolamnews vous propose un œil iconoclaste terriblement avide du monde qui l’entoure

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