Mais qu’allaient donc faire les Juifs au Congo ?

 

Les premiers Juifs arrivent au Congo du temps de la colonisation belge, au tout début du XXe siècle. Ce sont pour la plupart des Ashkénazes originaires de Pologne, de Lituanie, de Roumanie et de Russie. Ils s’établissent essentiellement à Elisabethville (actuel Lubumbashi), capitale du Katanga. L’un d’eux et le plus connu est Benjamin Granat qui y ouvre une boucherie, une imprimerie et fonde un journal « L’Etoile du Congo ».

En 1909 est créée la « Congrégation israélite du Katanga » et le premier oratoire. C’est lors de la crise économique de 1929 et l’arrivée massive des Séfarades que de nombreux juifs Ashkénazes quittent le pays pour émigrer en Afrique du Sud ou en Rhodésie (Zimbabwe). C’est en 1922 que les Juifs de Rhodes (alors colonie italienne) émigrèrent dans le but d’améliorer leur vie et celle de leurs familles.

Ils prirent l’initiative de se rendre en Afrique, et s’installèrent au Congo Belge. Plus tard, ils appelèrent leurs familles pour les rejoindre. Parmi elles, les familles : Benatar, Israël, Cicurel, Douenias, Codron, Pinhas, Soriano, Alhadeff, Avdarazel, Amato, Capelluto, Hasson, Fernades, Franco, Israel…

C’est ainsi que quelques milliers de personnes ont eu la chance de quitter l’île de Rhodes avant la deuxième guerre mondiale. Ceux qui sont restés n’ont pas échappé aux déportations par les Nazis et furent envoyés dans des camps de concentration. 105 personnes seulement (sur un total de 2000) ont pu survivre à la guerre et ont rejoint leurs familles en Afrique ou en Amérique. Le 17 juillet 1944 eut lieu la déportation de Rhodes.

Beaucoup d’entre eux vont s’installer tout le long du réseau ferroviaire alors en construction. Ils se consacrent au commerce et créent également des usines de textile et des minoteries, et jouent un rôle important dans le développement économique du Congo. Le Congo a alors une population juive essentiellement sépharade ; ils édifient une synagogue dans le centre ville d’Elisabethville (synagogue qui existe toujours-photo du haut) et font venir un rabbin de Rhodes, Moïse Levy, qui servira la communauté pendant 53 ans.

Le départ

La population juive au Congo va compter jusqu’à 3000 membres, établis surtout à Elisabethville (où vivaient encore 2200 personnes en 1967), à Léopoldville (Kinshasa) et Luluabourg (Kananga) dans la province du Kasaï, au centre du pays, qui a compté jusqu’à 300 âmes. A la suite des troubles survenus lors de l’indépendance, puis des problèmes liés à la « zaïrianisation » voulue en 1973 par le président de l’époque, le Maréchal Mobutu, de nombreux Juifs émigrent, et finalement la plupart des communautés disparaissent lors des graves troubles de 1991 et 1993.

La communauté de Kananga, au Kasaï, avait déjà disparu en 1975, et seule persistera celle de la capitale, Kinshasa. Il y avait 400 juifs en 1960, 750 en 1985 du fait de l’arrivée de juifs fuyant le Katanga. Une synagogue fut construite à Kinshasa en 1987 sur un terrain offert par le président Mobutu.
Plusieurs enfants naturels de Juifs du Congo pourraient être repertoriés dans les archives de la fameuse banque  » la Belgolaise » créée à l’époque et dont l’accès semble difficile de nos jours. Certains ont joué un rôle important dans l’histoire congolaise.

C’est le cas de Kengo wa Dondo, né Léon Lubicz, ancien Chef du gouvernement, ancien Président du Sénat, et dont le père était un médecin d’origine polonaise, Moïse Katumbi Chapwe, fils d’un juif de Rhodes, et ancien gouverneur du Katanga. Le créateur de mode, Olivier Strelli né Nessim Israël. Victor Alhadeff…

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