L’ombre de Fabius plane encore sur Israël

L’ambassadeur français en Israël, Patrick Maisonnave, sera reçu ce mardi au ministère israélien des Affaires étrangères. Il doit dévoiler à cette occasion les intentions du Quai d’Orsay sur la conférence internationale évoquée le 29 janvier par Laurent Fabius.

Les efforts français pour organiser une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien se font lancinants et survivent encore à Laurent Fabius. Les intentions de Jean-Marc Ayrault, qui lui a succédé à la tête du Quai d’Orsay, semblent toutefois suivre la voie de son prédécesseur, puisque Maisonnave présente le projet au directeur politique, Alon Ushpiz.

Laurent Fabius, qui a annoncé le 29 janvier dernier vouloir réunir une conférence internationale « dans les prochaines semaines », comme si la paix du monde en dépendait, a donné instruction de sonder les autres pays, européens et arabes, sur leur intérêt pour cette initiative et en a évoqué les principes avec le secrétaire d’Etat John Kerry.

« Les réactions de nos partenaires sont pour l’heure plutôt positives, » confie une source française, en ayant l’air de nier les multiples écueils qui se dressent à l’horizon, car il y en aura. « Mahmoud Abbas est en bout de course et les circonstances se sont rarement aussi peu prêtées à des discussions sérieuses, » avoue un responsable israélien.

« L’initiative de Laurent Fabius est décalée, elle intervient dans une période sombre, mais le pays attend de connaître les détails de l’initiative pour prendre position, » ajoute la source. Le fil des négociations entre Israéliens et Palestiniens est totalement rompu depuis l’échec des pourparlers patronnés par John Kerry, en avril 2014, et l’agression terroriste des Palestiniens rend leur reprise hautement hypothétique.

La quasi-totalité de la classe politique israélienne est de toute façon convaincue qu’il est impossible de négocier un règlement du conflit avec l’actuelle direction palestinienne. Le gouvernement israélien ne cache pas son scepticisme, mais aimerait éviter d’avoir à assumer la responsabilité d’un refus.

Pour l’heure, ses porte-paroles s’en tiennent à regretter que Laurent Fabius ait annoncé vouloir accorder la reconnaissance de la France à « l’Etat de Palestine » en cas d’échec de la conférence. « Cette promesse ne peut qu’inciter les Palestiniens à esquiver de véritables négociations. Elle montre le parti-pris de la France et le peu de profondeur de réflexion du ministre, » déplore un diplomate israélien.

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