Qui est le pire ennemi d’Israël au Moyen-Orient ?

« Les diplomates occidentaux estiment que l’armée israélienne se concentre trop sur les mandataires de l’Iran, en particulier sur le Hezbollah, » a affirmé le responsable du renseignement israélien, « mais elle le fait à juste titre ». Puis il a ajouté que « la milice libanaise est la seule entité qui pourrait lancer une attaque surprise contre l’Etat d’Israël. »

Pendant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou tonne contre un accord sur le nucléaire iranien qui se profile, pour alerter le monde, ses chefs de la Défense se concentrent sur une menace tout aussi pressante des alliés de Téhéran. Le premier d’entre eux est le Hezbollah, la milice libanaise qui a combattu les forces israéliennes lors de la guerre de 2006.

Depuis, le mouvement terroriste chiite a élargi son arsenal et perfectionné ses compétences en aidant Damas à combattre l’insurrection en Syrie. Ram Ben-Barak, directeur général du ministère israélien du Renseignement, a accusé l’Iran mardi de « points d’ancrage » à travers la Syrie, le Yémen, le Sinaï en Égypte et les territoires autonomes palestiniens. Mais il a jugé que le Hezbollah est un ennemi aussi redoutable que les armées arabes classiques qui ont affronté Israël dans les guerres de 1967 et 1973.

ram ben barakLe directeur général du Renseignement, Ram Ben-Barak

« La seule entité qui peut nous agresser gravement par une attaque surprise, et sur une grande échelle, est le Hezbollah, » a déclaré Ben-Barak lors d’une conférence pour la revue de la Défense israélienne. Israël est convaincu que le Hezbollah a plus de 100 000 missiles capables de paralyser l’infrastructure civile. Cherchant à dissuader les terroristes, les généraux israéliens ont menacé de dévaster le Liban,  s’il devait y avoir un autre conflit.

Des sources libanaises et syriennes rapportent les sorties régulières de l’armée de l’air israélienne dans le cadre d’un effort apparent pour surveiller, et parfois pour détruire les transferts d’armes au Hezbollah. Le bombardement du 18 janvier, qui a tué un général iranien et plusieurs agents du Hezbollah sur le plateau du Golan, au nord d’Israël, laisse penser que les terroristes ont créé un second front à proximité de la Jordanie.

patrouilles de TsahalUne patrouille musclée de Tsahal à la frontière libanaise

« Une présence soutenue par l’Iran du Hezbollah dans le Golan « va poser un très gros problème pour nous à l’avenir », a déclaré Ben-Barak. Deux diplomates occidentaux qui suivent l’armée israélienne ont évalué qu’elle était désormais plus fournie, occupée par la sécurisation des frontières avec le Liban et la Syrie. »Je ne pense pas que quiconque cherche l’escalade, mais le potentiel pour que la situation soit hors de contrôle est élevé. »

Lorsque le chef du renseignement militaire israélien (Aman), le major-général Herzi Halevy, a visité Washington en mars, alors que les puissances mondiales et l’Iran étaient entrées dans la dernière ligne droite des négociations nucléaires, il a exhorté les États-Unis à se soucier du ravitaillement en armes des alliés de l’Iran qui provoque l’instabilité régionale.

« Qui était vraiment intéressé à faire passer la menace militaire des groupes comme le Hezbollah, les Houthis au Yémen, et les Gardiens de la Révolution en Syrie, avant un accord nucléaire que le monde entier attendait ? » a demandé ironiquement l’un des hôtes américains de Herzi Halévy, laissant entendre que ces questions n’étaient pas la priorité des USA pour le moment. « Mais l’Iran devrait se méfier de ne pas trop serrer l’étau, » a conclu le chef d’Aman.

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